Il’ ARTILLERIE. l6i)
4 °. On voit, par le tableau de l’article x 19, que les portées augmententdans un beaucoup moindre rapport que les vitesses , et à peu près comme
dans sa marche, et gagnera de la vitesse. Si l’on considère que le fluide, dégagé de lapoudre, est vingt ou trente mille fois plus élastique que l’air atmosphérique ( peut-être encorebeaucoup davantage), on voit que la pièce, pour avoir son maximum de longueur avec lescharges que nous employons ordinairement, devroit en avoir une tout-à-fait démesurée.D’Arcy l’avoit trouvé , pour une pièce de 24, chargée de huit livres de poudre, d’environtrois cent quarante-trois pieds. On a cru ou fait semblant de croire qu’il proposoit defaire des canons de trois cent quarante-trois pieds de long : on a ri; ce qui étoit plus com-mode que de se donner la peine de l’entendre. Il n’en disoit pas moins vrai pour cela.Notre poudre ayant gagné de la force depuis que d’Arcy faisoit ses expériences, le maxi-mum de longueur seroit actuellement plus grand qu’il ne l’avoit trouvé ; nous pouvonsdonc être bien sûrs qu’il nous est de toute impossibilité de l’atteindre : ainsi nous devonsregarder comme un principe certain que plus nous donnons de longueur à nos pièces, plusnous en augmentons les effets. Il résulte de-là que la commodité du service et la faci-lité des transports sont les seules considérations qui doivent nous déterminer dans leslimites à assigner à la longueur de nos pièces. Hutton, en nous faisant connoître lerapport de l’augmentation de la vitesse à celle de la longueur du canon, nous a fourni unedonnée importante qui nous manquoit pour nous diriger dans notre choix.
Ce qui vient d’être dit, et le résultat auquel nous sommes parvenus, sont sans doute plusque suffisans pour prouver la fausseté de l’opinion , que peu de personnes , à la vérité ,paroissent partager, qu’au lieu d’être restés en arrière du maximum de longueur de nospièces, nous pourrions bien l’avoir déjà dépassé, cette idée paraissant n’avoir d’autrefondement que des expériences dont il a été question à la note de la page 10 du discourspréliminaire. On ne trouve sur ces expériences aucun des détails qui seraient né-cessaires pour fixer l’attention , et leur donner quelqu’authenticité ; cependant Muller,auteur anglais peu connu, dans un ouvrage sur l’artillerie , imprimé en \’j 5 j et en 1780 ,en rapporte comme faites à Woolwich, en 1786, parle général Armstrong, qui pour-raient bien être les mêmes que la tradition aurait exagérées , comme cela ne manque guèred’arriver. Nous allons, pour cette raison, nous arrêter un moment pour les examiner.
Les essais 1 , dit Muller, ont été faits avec cinq pièces de 24, des longueurs différentes de8 pieds , 8 | pieds, 9 pieds , 9 | pieds , 10 pieds et 10 \ pieds. Le tableau suivant en offrele résultat.
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