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AVANT-PROPOS.
J_jE siège de Saragosse pique la curiosité par sa singularité,et intéresse par la constance et l'opiniâtre bravoure des deuxparii», qui rendirent long-temps la victoire indécise. D’uncôté, l’on voit une faible année, ayant à lutter contre lafaim et contre la population entière de plusieurs provinces,parvenir par des travaux immenses, et par l’empire descombinaisons jl’un art ignoré de ses adversaires, à bloquer,à assiéger et à détruire, dans une ville fortifiée, une arméebeaucoup plus nombreuse quelle. D’un autre côté, les effortsdes assiégés ne sont pas moins admirables ; ils ne se laissentpas décourager par la défaite de leur jeune armée, que soninexpérience et son ignorance des exercices et des manœuvresrendent incapable de tenir la campagne. La pm'te des ou-vrages avancés, celle môme de l’enceinte, qui fut toujoursle dernier terme de la défense, n’ébranlent point leur in-flexible courage : ils se défendent avec furie de maison enmaison, d’étages en étages, de chambres en chambres ; ilsbravent les explosions des mines qui les engloutissent, etils n’abandonnent enfin les ruines de leur malheureuse villeque lorsqu’elles ne sont plus qu’un cimetière. Le grand