DISCOURS PRÉLIMINAIRE
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TRADUCTEUR.
La première idée qui se présenta pour chercher à connoître leseffets de l’artillerie , lorsqu’on commença à en faire usage, dutêtre d’essayer la portée des différentes bouches à feu. Les effetsextraordinaires que ces armes produisoient durent éloigner lapensée de chercher,, non seulement à quelle distance pouvoientparvenir les projectiles dont on faisoit usage, mais encore com-ment , avec quel degré de force ils y parvenoient. Pourvu qu’ilsarrivent, dit-on sans doute alors, car bien des gens le répètentencore aujourd’hui, c’est tout ce qu’il faut. On n’imagine pascombien cette opinion qui, malheureusement, ne trouve encoreque trop de partisans, a nui aux progrès de l’artillerie, combienelle a fait naître, combien elle entretient d’idées tout-à-fait faussessur ses principes fondamentaux, sur ses premiers élémens.
Sans doute, pourvu qu’un boulet touche un homme, à moinsde cas bien extraordinaires, il le tue, ou le met hors de combat.Mais est-on bien fondé à conclure de là qu’à la guerre il suffît defaire arriver les boulets ? On voit d’abord, au premier coup d’œil,que, dans une infinité de cas de la guerre de siège, il ne suffîtpas de toucher, il faut frapper avec force. Dans la guerre decampagne même, qui est celle que paroissent avoir principalementen vue les défenseurs de ce principe , peut- on dire que la forcedu boulet, c’est-à-dire la vitesse dont il est animé lorsqu’il arrive