D* ARTILLERIE.
le tranchant de l’axe touchoit les encastremens, non pas par une ligne,mais seulement par un point ; alors il oscilloit avec la plus grandeliberté , n’ayant presque qu’un frottement imperceptible. Il sera faitmention particulière, dans le journal des expériences, des temps et desoccasions auxquels on a fait ces différens changemens.
1 5 . On a commencé par mesurer la corde de l’arc d’.oscillation dupendule et du canon , au moyen d’un ruban étroit, divisé en pouceset en dixièmes de pouces , comme dans les expériences de i ’J’jS. Onavoit cependant imaginé une nouvelle manière de le faire jouer. Aubas du pendule ou au-dessous de la pièce de canon, on avoit fixé unelanguette de fer qui pouvoit s’élever ou se baisser au moyen d’une vis.Cette languette étoit fendue dans sa partie inférieure , pour recevoirle bout du ruban qui étoit serré dans cette fente au moyen d’uneseconde vis. Immédiatement au-dessous, le ruban passoit entre deuxlames de fer qui pouvoient s’approcher ou s’éloigner l’une de l’autreà volonté au moyen de deux vis. Ces deux lames étoient soutenues surune tige verticale qui étoit' attachée à un gros bloc de bois , de manièreà pouvoir s’élever ou s’abaisser à volonté au moyen d’une vis. L’unede ces deux lames avoit été faite assez longue pour que le ruban nepût pas atteindre à ses extrémités , et s’y embarrasser dans l’aller et leretour des oscillations. Il est clair que la longueur du ruban tiré dansune oscillation est celle de la corde de l’arc décrit, comptée en poucescomme le rayon, ou en parties aliquotes du rayon de cet arc, prisdepuis le milieu de l’axe de rotation jusqu’au bas de la languette.
16. Cette méthode cependant s’est trouvée sujette à beaucoup d’in-convéniens, et mettoit quelquefois de l’incertitude dans les mesures.On la quitta pour mesurer la corde de l’arc d’oscillation d’une manièrebeaucoup plus commode et plus sûre. On prit un bloc de bois donton tailla la surface supérieure de manière à former un arc de cercle,ou plutôt une surface cylindrique concave, dont le centre étoit au milieude l’axe de rotation , et le rayon, par conséquent, égal à la distancequil y avoit entre l’axe et la surface ainsi taillée. On pratiqua, au milieude la largeur et dans toute la longueur de cet arc , une rigole peuprofonde , et large d’environ trois ou quatre pouces. On remplit cetterigole d une composition faite de savon et de cire , à laquelle on donnala consistance du miel, et dont on avoit soin de tenir la surface supé-rieure bien unie et de niveau avec le reste de l’arc de bois. Une pointe