DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xiij
Robins a trouvé le premier un moyen facile et sûr de mesurercette vitesse , et, par cette découverte, a fait faire un pas énormeà la science de l’artillerie. D’Arcy, peu de temps après, a imitésa méthode. Il est parvenu à des résultats que des gens, avecles préjugés desquels ils 11e s’accordoient pas, ont trouvé pluscommode de ridiculiser que de se donner la peine de les entendre jmais leurs essais étoient fort en petit, et il restoit encore quelquedoute sur la certitude dont pouvoit être l’application des prin-cipes qu’ils en avoient déduits aux bouches à feu que l’on em-ploie à la guerre. Borda, qui a passé tout le temps de sa vieque sa carrière militaire lui a laissé libre , à faire sur presquetoutes les parties de la physique , et particulièrement sur laballistique , des expériences qu’il dirigeoit avec la sagacité d’unhomme d’esprit, et dont il calculoit les résultats avec la préci-sion d’un géomètre profond 5 Borda avoit conçu le projet d’ap-pliquer la méthode de Robins et d’Arcy aux pièces de canondu plus fort calibre. Il n’a pas eu le temps de l’exécuter. Ilutton ,long-temps auparavant (dès 1775), l’avoit appliquée à des pro-jectiles pesans jusqu’à près de 3 livres, et animés de vitesses de7 à 8 cents pieds par seconde. Dans la suite des expériences quiforment l’ouvrage que l’on va lire, et qui l’ont occupé pendantles années 1780, 84, 85 et 86, il s’est borné à des boulets d’unelivre ; mais il leur a donné toutes les vitesses qu’ils étoient sus-ceptibles de recevoir. La conformité parfaite de ses résultats avecceux obtenus en petit par Robins et d’Arcy ne permettent point dedouter que cette même conformité n’existât encore dans les essaisfaits le plus en grand.
Géomètre habile, calculateur ingénieux, observateur adroit àapprécier l’importance des différentes circonstances accessoiresde l’objet de ses recherches, ayant d’ailleurs à sa disposition desmoyens infiniment plus étendus que les deux premiers, Iiuttona fixé les principes que ses prédécesseurs nous avoient fait entre-