xij DISCOURS PRELIMINAIRE.'
juger par les effets prodigieux qu’elle produit quelquefois dansle sens horizontal, effets qui ont été mis au plus grand jour parles expériences faites à la Fère en 1771 et -1797, et dont nousverrons encore la confirmation dans l’ouvrage qu’on va lire , ondoit croire qu’elle peut en produire de très-considérables sur lalongueur de la portée.
Ces différentes causes peuvent tantôt se réunir pour produireun effet commun, tantôt se détruire en se contrariant les unesles autres, tantôt ne se réunir ou ne se contrarier qu’en jiartie.Comme il est impossible de rien savoir de tout cela, nous voyonsque tout est incertitude dans la méthode de mesurer Les effetsdes bouches à feu par leurs portées. Nous ne pouvons donc plusêtre surpris des erreurs dans lesquelles elle nous entraîne con-tinuellement. Nous ne pouvons nous refuser à l’évidence quinous presse de reconnoître la nécessité d’y renoncer et d’en cher-cher une plus sûre.
De toutes les forces agissantes ou résistantes dont nous venonsde voir que le concours produit les portées des bouches à feu, ladirection à donner aux projectiles et la vitesse à leur imprimerdépendent de nous, au moins en grande partie 5 les autres sonthors de notre portée. Loin de pouvoir les maîtriser, nous neles connoissons seulement pas : mais nous sommes sûrs que,toutes choses égales d’ailleurs, le boulet qui partira avec la plusgrande vitesse aura aussi la plus grande portée ; que ce sera aussicelui qui conservera le plus de vitesse à distances égales de lapièce ; que ce sera, en un mot, celui qui produira le plus grandeffet, parce qu’il aura la plus grande quantité de mouvement.C’est donc sur-tout à l’étude de la vitesse que reçoivent nosprojectiles , et à la recherche des moyens de la modifier selonnos besoins, que nous devons nous appliquer. Aussi voyons-nous que, depuis long-temps, les hommes instruits qui se sontoccupés des effets des bouches à feu, Robins, d’Arcy, Borda,Lombard, etc., ont dirigé leurs vues exclusivement de ce côté.