DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xj
2 °. Les expériences rapportées par Lombard , soit dans sonTraité des projectiles , soit dans sa Traduction de Robins , prou-vent évidemment que l’angle du départ du boulet avec l’horizonn’est jamais connu, à moins qu’on n’emploie pour le mesurer laméthode ingénieuse qu’il a employée lui-même, et décrite dans lesdeux ouvrages que l’on vient de citer. Or, comme on ne l’emploiejamais, il arrive que les variations de cet angle sont toujoursinconnues : ces variations ont sur les portées une influence d’au-tant plus considérable, qu’on tire sous des angles d’autant plusrapprochés de l’horizon $ et c’est précisément ce à quoi on nemanque guère dans les expériences dont nous entendons parlertous les jours. On ne prend pas garde non plus qu’alors des dif-férences de niveau, médiocres et même insensibles à l’œil, entreles divers points où les boulets touchent terre, et celui où la pièceest placée, en causent de considérables dans les portées, et mul-tiplient d’autant les erreurs.
3°. La résistance directe que l’air oppose au mouvement desprojectiles n’est point connue. Peut-être y a-t-il lieu de croireque la loi qu’elle suit réellement ne le sera jamais. En attendant,il est impossible de douter de son inconstance, sa force spéci-fique dépendant de causes que l’on voit dans une variation conti-nuelle, le ressort, la densité, le mouvement, etc., sans comptercelles dont nous n’avons aucune idée , et dont les découvertescontinuelles que fait la chimie sur les différens gaz qui concou-rent à la formation de l’atmosphère, ou s’y rencontrent acci-dentellement, nous font soupçonner l’existence.
4°. Une autre cause de variations dans les portées, inconnuejusqu’à présent, et par conséquent incalculable , mais dont leseffets observés depuis long-temps ont été soumis par Lombard àdes mesures précises, c’est celle des déviations des boulets. Cetteforce pouvant agir sur les boulets pour les déranger de leur direc-tion dans le sens vertical, aussi bien que dans le sens horizontal,ajoute à l’incertitude provenante de l’angle du départ j et à en