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En 1771 , 011 fit à Douai des épreuves comparatives entre unepièce de 4, longue, et une courte. La première avoit un tiers delongueur de plus que l’autre. Sur cinq coups tirés horizontale-ment par chacune des pièces, avec une charge d’une livre et demie,la pièce longue eut l’avantage déportée en trois coups , et se trouva
inférieure aux deux autres. Sous l’angle de 6 degrés, la pièce
longue l’emporta à tous les coups.Sous l’angle de 10 degrés,
la pièce courte eut l’avantage trois fois sur cinq.Sous l’angle
de i 5 degrés, la pièce longue eut l’avantage quatre fois sur cinq.Il résulte de-là qu’il est indifférent de se servir d’une pièce quiait un tiers de plus ou de moins de longueur. Quoique l’esprit departi ait, dans le temps, fait admettre cette conclusion par beau-coup de gens , ce n’en est pas moins une erreur.
Les faits qu’on vient de réunir suffisent, sans doute, pour fairevoir à combien d’absurdités les épreuves par les portées peuventconduire (1).
Il n’est pas inutile d’examiner quelles sont les causes d’un effetqui peut avoir quelque chose de surprenant au premier coupd’œil.
Les portées sont le résultat de la force imprimée au boulet parla poudre, de l’angle que forme avec l’horizon la direction danslaquelle il part, et des différentes résistances que le boulet a àvaincre pour suivre son mouvement. Or, i°. les expériences con-tenues dans l’ouvrage que l’on va lire , concourent toutes àprouver que, quelques précautions que l’on prenne pour rendretout égal, soit dans la qualité de la poudre dont on se sert dansles armes à feu, soit dans la manière de l’employer, on ne peutparvenir à donner à ses effets une constance parfaite sur laquelleon puisse compter.
(1) Que seroit-ce si on avoit parlé d’une pièce de 24, de 7 pieds de long, qui, àWoolwich, dit-on, en 1736 , l’a constamment emporté sur celles de 8, 9 et 10 pieds,et d’une autre de 12 calibres, qui , on ne dit pas où , a toujours eu l’avantage sur celles-de 14 calibres,... etc... etc... etc...?