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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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Trois tfpesces de uc*nins.

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SVR LE VI. LIVRE DE DIOSC.

Mais deuant que declairer le moien de fe donner garde d'eftre empoyfonné, il ne fera que bien à propospour plus ample intelligence de cette matière,de declairer certaines choies neceflàires, comme ie penfe , 8cfans lefquelles ce traitté pourroit fembler eftre imparfait. Premièrement donc iedi (côme aufsi fait le Cou- Opérationciliateur au liure qu'il a fait des veninsjque tout venin prins dedans Je corps de toutes fes propriétés eftdu duuenin.tout contraire à la viande de laquelle nous fommes nourris. Car comme la viande fe conuertit en fa. ng denoftre corps, & fe rend de toutes fes parties femblable aux membres , lefquels principalement elle nour-rit, {émettant au lieu de ce que continuellement s'écoule de nos corps, & fe refout : ainfi le venin toutau contraire tranimue le corps &les membres qu'il touche ( comme nous dirons ci-apres plus ample-ment ) en vne nature particulière à foi Se venimeufe. Donc ne plus ne moins que tous animaux & tousfruisque la terre produit,fe pouuans conuertit en aliment,fi nous les mangeons fe tourner en noftre nour-riture, ainfi à l'oppofite les chofes venimeufes prinfes dedans le corps, rendent tous les membres de noftrecorps venimeux. Car comme tout agent eft plus fort que le patient, aufsi le venin par fa grande force fur-monte noftre fubftance, & la conuertit en fâ nature venimeufe , par mefme raifon que le feu par fa trefpuif-fânte vertu conuertit trefloudainement la paille en foi,Se la confume.Pource les anciens, grans inquifiteursdes chofes naturelles ; ont dit que le venin tue les homes,la température 8c compofition de leurs corps eftantcorrompue.Ce que Gal.approuue au li.j.des fimpl.difant que l'aliment en ce différé du médicament, que lemédicament immue noftre corps de fes qualités,l'aliment fe conuertit, & fe fait femblable à lafubftance denoftre corps.Or conuient il fâuoirfainfi qu'Auicéne 8c Auerroes ontlaiiïè par écrit)qu il y a en général troisfortes depoyfon.Car ou ils procèdent des plantes,ou des animaux, ou des minéraux : defquelles trois cho-fes fe prenent les différences des poyfons. Entre les plantes celles font eftimees venimeufes , qui répugnentSe (ont contraires à la nature des viandes,cftans de telle nature ,que fi on les mange,elles ne fepeuuent con-uertiren nourriture,ains,au contraire,elles conuertiflent en elles mefmes les membres défia nourris. Tellesfont l'elleborrejl'acçnitda ciguë,le napellus,l'herbe Sardonie,le rofage, 8c plufieurs autres efpeces de plan-tes defquelles nous parlerons ci-apres plus au long.Des animaux ceux-là font venimeux, defquels la natu-re cft du tout côtraireà la nature humaine,comme font la vipere l'afpic,le bafilifc,le lieure marin, le graiifet,le feorpion ,le phalangium, la fâlamandre, beftes à quattre pieds enragees:item toutes chairs de beftes mor-tes d'elles mefmes,ou tuees du foudre, ou par beftes venimeufes ou enragees.Toutesfois aucuns difent quele venin fe perd auec la vie de l'animal,alleguans cet exéple,qu'on mange fans dangier des cerfs,loups, fan-gliers,& autres beftes tuees par flefehes empoyfonnees.Mais il faut entédre que cette reigle n'a point de lieues beftes mortes par pefte,ou par rage,ou par foudre, ou par morfure de beftes venimeufes.Cari'ai veu plu-fieurs mourir pour auoir écorché des beufs morts de pefte,& aufsi enflés par tout le corps comme s'ils euf-fent eftèhydropics. Quant aus chofes minérales, celles-la font eftimeés venimeufes , qui ont vne certainepropriété maléfique & pernicieufe:comme font largent vif, l'orpiment, la fàndarache, l'aymant, 8c autres(èmblables. Item il faut fauoir que non feulement les venins prins par la bouche , ains aufsi appliquez ex-térieurement font mourir les perfones eu diuerfes fortes.Ceux qu'on prend par la bouche , ils tuent le plusfbuuent fousefpece de viande ou de medccine.Ceux qui extérieurement appliquez infedtent, procèdent leplus fbuuent des beftes venimeufes & mortiferesrcat telles beftes tuent ou par leur morfure, ou par leur pi-queure,aufsi par leur féal regard, ou par leur fifflement,voire pat leur feul attouchement, ainfi qu'aucunsdifent.Outre ce il y a des venins le/quels en les goûtant feulemét, ou en les flairant toutfoudain font mou-4° rit la perfone lefquels tienent le premier rang entre les plus ma lins Se les plus cruels qui fe puifïènt trouuerparce qu'ils caufent vne trefloudaine mort, tellement qu'il n'y a tems neloyfir de fecourir aux miferablesempoifonnez mourans.Les viperes,afpicz,fcorpions, phalanges,tarerondes,chiens enragez , & autres fem-blables tuent les perfones par leurs morfures Se piqueures.Le bafilifc incontinent infeifte vne perfone de fonregard, 8c de fon fifflement felon Gai auli.de laTheriaque à Pifon, fi ce liu.n'eft faufement attribué à Gai.

II y a vn certain ferpentqui fait mourir la perfone par fon feul attouchement, duquel Auicenne traittant auli.4.Seét.6. raconte qu'vn gendarme aiant percé de fa lance ce ferpent, la force du venin paflà par la lanceiufques à la main,laquelle premièrement il infeéla,puis après il corrompit tout le corps. Pour approbationdu dire d'Auicenne iepui ici reciter ce qui eft pour certain auenu en la terre de Trente. C'eft qu'vn païfaneftant en fa vigne,fouuent il montoit fur vne petite colline pour garder les vignes. Il vid vn iour au pied deladite colline vn grand Se horrible ferpent, la tefte duquel il perça d'vne longue îauelinc , tenant de toutefa force ce ferpent ainfi attaché par la tefte, fe debatant,& s'entortillant alentour de la iaueline,incontinentil fe fentit faifi d'vn grand tremblement, duquel fort efpouuanté commença à crier 5c apeller les paffans, Seautres païfansvoyfins.Ceux qui n'eftoient loin delàaians ouy ce cry,y accoururent viftement, &le trouue-rent ademy mort.Toutesfois connoiflans par le ferpent qui là eftoit mort, la caufe de fon infortune, ils eu-rent recours à la theriaque & autres antidotes par le moyen defquels ils le firent reuiure. Ce neantmoinsdeux ans après il demeura malade au lid,aiant prefque tout le corps ftupide & endormy, & principalementle bras duquel il auoit occis ce ferpent venimeux. Et ne faut trop de ce s'cfmerueiller, attendu que nousvoions(ce que Gal.aufsi a Iaifle par écrit au li.6.des parties malad.)la torpille poiifon marin foudain rendreendormie la main du pefcheur aufsi toft qu'il l'aura touchée de l'hameçon:ce qu'elle fait aufsi eftant prin-6o fe dedans le ret,fa qualité partant par la chorde quant on la tire à bord. Pource les pefcheurs expérimentez,ft en tirant leurs filez ils fentent leurs mains s'endormir, & trembler, ils difent bien qu'il y a des torpillesprinfes,encores que lachorde qu'ils tirent foit bien longue.D'ou on peut euidemment connoitre que fi lesqualités de la torpille paflans par la ligne 8c verge , 8c par la longue chorde d'vn filé iufques à la main dupefcheur,gaftent & infeûent les perfones , par plus forte raifon elles auront tel effect, fi la torripelle mefmetouche la main nue,ou quelqu autre partie du corps,tellement qu il n'y a bras fi fort ne fi robufte qui puiifelonguement foutenir vne torpille viue. Pource il n'eft de merueille, comme dit Gai. au lieu preallegué , fil'écume d vn chien enragé touchant le corps de l'home, le rend enragé aufsi bien que s'il eftoit mordu duchien mefme enragé : duquel effeét nous pourrions alléguer plufieurs exemples de noftre tems. Au/si on nedoit trouuer étrange,fi l'écume de l'afpic furnommee Ptyas infedx de fon venin tous ceux qu'il touche. Il y70 a certains venins artificiels trefcruels qui ont mefme effet,qui font fi aigus & fi penetratifs, que fi on en oint

les eftriez percent les bottes de ceux qui ont les pieds dedans,iufques à cequ'eftansparuenus à la plante des Venins arttipieds, de là par les pores de le peau entrent par tout le corps, 8c infedem tous les membres & les confu- ficiels.

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En comhiende fortes lesuenins tucU

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