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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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LES

COMMENTAIRES

DE M. PIERRE ANDRE M ATTHIOLI

MEDECIN SENOIS, S V R LE IIIL LIVRE DE

P E D A G E DIOSCOK.IDE ANAZARBEEN, DE LAMATIERE MEDECINAEE.

<J> R E F A CE,

S trois liurcs precedens, Trefcher Aree, nous auons traitté deschofes aromatiques, des huiles, des arbres, des vnguens, belles,blés, herbes desquelles on fe fert ordinairement en viandes, raci-nes, fucs, herbes, graines. En ce quatrième nousacheueronslesracines,& les herbes qui relient.

3°

DE LA BETOINE,

C H A P. I.

Es Grecs nomment la Befowte Çejbon,er Pfychotrophon:parce qu'elle fe trouue en liens frok.Les Latins l'apeUlent Betonica. C'ejl un'herbe produifant une tige menue, de la hauteur d'une coudee,ou plut, quaxree : fes feuil-les comme le chefne, molles, longues, decouppees alentour, de bone fenteur, plut grandes près la racine, fagraine au fommet des tiges, épiee comme ctUe de la farriette. On garde fes feuilles feches pour s'en feruir à plu*fleurs chofes. Ses racines font menues comme celles de l'eUebore, lefqueUes beues aueç tau miellee font nomir les phlegmes. Sesfeuilles prmfes du pois d'un denier auec eau miellee,font bones ans çonuulfîons,ruptions, m femmes fugettes au mal de matrice,çr pour les deliurer de fuffocation de matrice. Vrinfes en bruuage du pois de trois drachmes en une liure,huit onces de uin,fer*uent contre les morfures des ferpens. L'herbe efl fînguliere aut plaies faites par lesferpens. Vne drachme d'icetlebeuc auec dt1uin fert de contrepoifon : fï on en prend à ieun, le poifon qu'on aualleroit après ne nuira en rien. EUe fait uriner, er lafcht teuentre. Bcue auec de l'eau guérit ceut qui ont te mal caduc, er les mfenfes : te mal du foye cr de la râtelle, beuc du pois d'une* 0 drachme en uinaigre miellé. EUe aide 4 faire bone digeflion, fi on en mange de la groffeur d'une feue auec miel cuift après fou*per. On en ordonne de mime forte a c eus qui fùnt des rots <ugre$. il eft bon à ceut qui fontfugets au mal d'eftomac de mâcherde l'herbe, er auaUer le ius, bernant après du uin trompé. On en donne à boire le pois de trois oboles auec douze drachmes,4. ferupuks de uin, à ceut qui crachent le fang ; auec de l'eau à ceut qui ont lafeiatique, douleurs de reins, er de uefîie. On enordonne aux hydropics deut drachmes auec eau mieUee, s'ils ont fleure, s'ils font fans fleure auec uin miellé. EUe guérit la iau*niffe. Vrirtfe du pois d'une drachme auec du um ,fait uenir les fleurs aus femmes. Quatre drachmes prinfes en quinze onces,13. drachmes, cr un fcrupule d'eau miellee purgent le uentre■ Auec miel eïïefl bone aut phthiflcs,O d À ceut qui crachent pour*ri. Les feuilles fechees, er pilees fe gardent dans un pot de terre,

T A Betoine eft vn'herbe conneue de tous, douee de grandes vertus & propriétés. Dont les Italiens vou-I ,, lans hautlouer quelcun, difent en prouerbe commun, Tu hai piu virtii, che non ha la betonica.Tu asplus devenus, que n a la betoine. Antonius Mufa Médecin de l'Empereur Augufte a écrit vn liure exprèsdes vertus d'icelle, où entr'autres chofes il en parle ainfi : La betoine croift aus prés & montaignçs nettes& ombrageufes, alentour des arbriflèaus. Elle contregarde les corps, & les ames des homes , & defendceus qui vont de nuit de tous charmes & dangiers. Ell'allèure les lieus faciès,8c les cimetieres de toutes vi-vons eftranges,& qui font peur. Bref c'eft vn'herbe fainte en toutes chofês.On l'apelle Ceftron Se Pfyçho-trophon , parce qu'on la trouue en lieus frois,de racines menues, de tige aufsi menue, haute plus que d'v-ne coudec, quarree. Ses feuilles font comme celles du chefne, odorantes : fa graine eft en forme d'épi aufommet des tiges, comme celle de la farriette. Toute la plante eft douee d'vn'infinité de vertus. Carpilee,& appliquée aus plaies de la tefte, les loude incontinent. Ce qu'elle fait auec plus grande efficace,fi de troisy iours en trois iours on la change vne fois ou deus. On la dit eftre de telle puillance, qu'elle fait fortir les osrompus. La decoétion de la racine faite en eau iufques à la confumption de la tierce partie, guérit la dou-leur des yeus, fi on les en fomente. Les feuilles broiees , & mifes fur le front en font autant. Le ius desfeuilles broiees à part foi, aians deuant eftétrampees en eau, appaife les douleurs des oreilles, pourueuqu'on le face diftiller dedans tiede auec d'huile rofat. Ce même ius beu en fix onces, fèize fcrupules d'eauchaude,euacue par le bas le fàng, la grande abondance duquel fait éblouir, & offufque les yeus. Pource lesfeuilles mangees aiguifent la veuë. Icelles pilees auec bien peu de fèl, & mifes dans les narines , étanchentle flus de fang. La decodtion de la betoine en vin vieil,ou vinaigre appajfc la douleur des dens, fi on en la-ue fouuentla bouche. L'herbe beue auec eau tiede lèrt à ceus qui ont l'aleine courte, & aus afmatics. Les'° feuilles incorporées auec du miel font bones aus phthifics, principalement s'ils crachent pourri. Si on enmange le pois de quatre drachmes,trois iours durans, ou beuc auec fix onces, feize fcrupules d'eau froide,

Xx z

Caufedunom.