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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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COMMENT. DE MATTH.

tiiniju'on aura prins : principalement à caufe que les communs accidens des autres maladies du corps fur-uienent aufsi aus dits venins. Mais quant à^euy qui font foudain mourir les perfones, on les pourra, pof-fible , connoitte par /ignés , fi on veut entendre ce que i'en dirai çi-apres. Quant aux autres qui fe conuer-tiflent en longues maladies, fi on ne les connoit par lignes , neantmoins iln'eft difficile de guérir les ac-cidens qui s enfuyuent : car tels poyfons aufsi toft qu'ils ont perdu leur foudaine force Se malice la chan-geant en longues maladies, ils ne requièrent plus que les comportions & remedes communs des autresmaladies, leur venimeufe qualité n'y .eftant plus. Et fi le mal qu'aura fait le venin dure longuement,il tom-bera en quelque longue maladie, laquelle aifcmentfe guérira par Ces propres medipamens.Iufques ici nousauons declair.é les phofes lefquelles en général feruent contre les poyfons. Confpquemipent nous rraitte-rons des propres & particuliers remedes de chaque poyfon, après auoir çxpofé 1* vne âpre* l'autre les cho-fes qu'en chacun ordre ont vne qualité venimeufe Se mortelle , à fin que les ftudieus 4? k médecine puif-fenteautement obferuer toutes les choies qui font écrites pour la fanté > aucunes defquelles font du nom-bre des venins. Car la nonchalance feroit caufe de grandes nuyfances, Se fouuent le continuel vlâgfc detels medicamens cauferoit la mort. Pource les beftes venimeufes font celles qui s'enfuyu«nt:Cantharidcs,buprefles , falamandre , chenilles de pin ,lieure marin, graiffèt, raine de marais muette ,fanfue$ viuesauallees. Les graines venimeufes font , graine de iuGquiame, coriandre , ciguë, gith, de l'herbe aux puces.Les liqueurs , opium , opocarpafon , fuc de thapfie , elaterium, foc de mandragore. Les racines, celles deehamadeon, d'aconit,de thapfie, d'ellebore, d'ixia, d'agaric noir, d'ephemerum colchjcum. Les arbres &autres plantes venimeufes , fmilax , d'aucuns nommé tithymale , des Romains taxus, ( des François If ) lefolanefurieux, d'aucuns apellé Doryci>ium,l herbe fardoniç efpece de grenoillette,pauot cornUjpharicum,toxiçum,la rue fauuage, les champignons. Aucuns poyfons font prins des animaux, comme le ûng de to-reau frai? .tué, le laid caillé en l'cftomac,le miel d'Heraclee villp du Ponte. Les minéraux venimeux font leplafli:e,lacerufe,Ia chau*,l'orpiment,deux efpeces de fândar?che,litharge,adarce,le plomb,l'argent yif. En-tre les liqueurs defqcieiles on vfe ordinairement, celles qui s'enfuyuent ont effeét de poyfon , Le vin beu eagrande quantité au fôrtir des bains,le vin cuit,& l'eau froide femblabjçtpent.

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LE COMMENTAIRE DE MATTHIOLI.

Le bien queDiofc. d faità U pofterl=te.

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S On feulemét les médecins de tout le monde,ains aufsi toute ja nature humaine enfemblc,fe doitdire eftre grandemet atténué à Diofc.de jee qu'aux cinq liures pnecedens il a éclairci la fciéce demedecine,efquels il a ttaitté par yn ordre merueillcux de l'biftoire & vertus d'infinis fimples medicamens,fans lefquels on ne fiuroit en façon quelconque guérir les maladies ? ne deliurer les m*ladesdes maux&dangiers defquels cette vie efl tourmentee, Se en fin deftruitte. Mais beaucoup plus gransbiens doiuentils recpnnpitre auoir receu de luy , dje ce qu'en ce tf.Jiijre d'vne Iciencc & façon exquife Seadmirable, il a enfeigne comnient pn fe doit donner garde de prendre der poyfons mortels,Se par quelsmovens on doit procurer qu'il? ne nuyfent au corps , &ne faccntnjourir/es perfones, ains comment il le»faut guérir, quand par imprudence , ou par la méchancetés tromperiedes empoylbnneursellesen ontprins. Car iaçoit que les medica/neos tant contre /es yrç/ycr/é/les que particulières maladies qui ordinai-rement ailàillent Se affligent noftre corps, aient efté touiours eftim«z trcfutiles Se neceflaitcs , toutesfoisil y a vn'infinité de maladies lefquelles par la feul' aydede nature fe gueriffenten gardant feulement bon ré-gime de viure. Ce qui auient au contraire à ceux qui font empoyfonnez : car s'il? ne preuienenr au poy/onpar bons &finguliers antidotes, ou après auoir prjn$ du poyfon ils n'yfent de? remedes contre iceluy, bienpeu foujieot, voire iamais la force de nature ne les fauroit fauuer : ains foudain ils rrçeurent t fi foudain onne leur donne fecours par les remedes de/quels Diofcoride a fi amplement Se fi diligemment traitté,queGalien prince des médecins , tous les autres Grecs qui ont efte après luy , Se tous lp? Arabes l ont en cefi curieufement fuyui, qu'ils ont apprins de luy toute cette fcience. Ce que Galien teftifie auliurei. desantidotes. D'où il appert que Diofcoride tant en cetraittédes venins, cqmqVen ççluy des fimples me-dicamens il a efté le plus excellent Se le taaiftre de tous. Pource aiant écrit des commentaires fur les cinqliures precedens, non inutiles, comeie croi, aufsi m'a il femblé eflre chofe profitable à tous , fi i'aiou-«oy des commentaire? furie fixiémeliure, principalement fachant bien combien il eftvtile & neceflài-re à touç en général de fauoir la n>anjere 4c fe donner garde de prendre poyfons , Se de guérir ceux qu'onauroit défia prins non feulenjent par }a bouche, mais aufsi ceus que les belles venimeufes auroient laiflees corps parleurs piqueurey ou morfijres. Caria pernicieufe force des venins e(l fi grande & fi forteennemye de nature humaine (à laquelle elj'cftplus contraire qu'à toute autre ) Se de telle célérité e/Iexe-cute fon pouuoir , que fouuent elle njontrg tel efFeft en nos corps , que fait le feu bien allumé çn Ja pail-le bien feche. Car fouuent il aui'ept pepdant que ceux qui font empoyfonnez ou piquez de quelque be/levenimeufe , enuoyent quérir Je médecin , 1<? poyfon infefte t^nt les humeurs, les principale? parties auf-fi, que Içs remedes Se les plus exquis antidotes n'y feruent de rien, ou de bien peu. Pource Q^lipn au li-urej.des fimples chapitre a bien dit que quandle venin qui par putréfaction Se corrofipn ftit mou-rit les perfones, a grandement gndpmmagé le corps, jl eft impofsible de le vaincre Se furmonter ne parraifon de viure , ne par les plus pretieux medicamens. De ce i'ai euidejnment conneu que fi ie n'écjriuoides commentaires fur le fixiémç liure, je Jaiffoien ^rriefe h plus excellente partie de la médecine Se la plu*neceffaire à la vie humaine. Laquell^ajapr çfté, long tems a , traduite par moi de Diofcoride en langueItalienne , Se d.eclajree par nos cqmnqfnjairf; > fera caufe, qu'infifljs homes non feulement Ce prçfejruerontde pqyfons mojrtel , m^is aufsi fe deliuferont de la fport mefme. Car quiconque lira ces miens commentai-res n'eftant ignorant <^e la langue Ipalienpc ne de la Latine aufsi,encores qu 'il ne foit médecin,pourra fecourir non feulement foimefine,ains aufsi les aurres.Parce qu f aiant v/e des medicam. tant fimples que copofezrefiftans aux venins, les meilleurs defquçl? (f les plus exquis ie réciterai ci-apre?, aiant au/si vfé des obfer-uations conuenables,aucunesfois facifemét il guérira du tout les empoyfpn^ejj,auçunesfois il les entretien ,dra en vie iufques à ce qu/jl aura fait apeller des médecins diligens, lefquels ne font pas touiours prefens,ains ou ils font loin, ou ils fontabfens, entre les main® defquels il les remetra pour les guérir entièrement.

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