Bffeâf desuetim pro-cédât dedi*verfes cou*fts.
Qualités exafiues,
Deldfwmtpropre.
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ment. Defquels venins (comme i'enten ) les Turcs & autres barbares vfent fouuent. De quoi il ne fe fauttrop émeruillencar les arteres de noftrecorps(tefinoin Gal.au li.j.des/împ. medic.) & autres lieux, tirent àfoi au dedans tout cc que de plus près les enuironne, en fe dilatant continuellement.Ce qu'ordinairementon expérimenté parles ondions & parfums qu'on fait contre la verolle:lefquels côpofêz , pour la plus partd'argent vif,de cinabre,de fublimé, Se attirez par les arteres , caufènt louuent des accidens trefcrucls. Il y ad'autres poyfonsqui font mourir les perfones en les flairant feulement, comme font aucuns champignonsdefquels Rhafis fait mention.De telle forte eftoit & le plus fin celuy duquel vn Triacleur, à Senes, de ceuxqui fe difênt manger des poyfons fans aucun danger, auoit infedé vn œillet, lequel il bailla à fla'irer à vnautre Triacleur fon concurrent en la place publique de Senes, qui l'aiant fenti foudain tomba roidde mort.Dauanrage il y a des venins qui en les gouftant feulement fans lesaualler, tuent les perfones. ce que faitl'écume de l'afpic fourd : de laquelle ilmefouuient aucuns auoir efté empoyfonnez fans y penfêr. En-tre autres i'ai veu vn païfan du val Ananie , lequel fauchant l'herbe en vn pré , couppa de fà faux vn fèr-pent par le milieu :& tenant en fa main la moitié, où eftoit la telle, pour la montrer aus autres fau-cheurs , cuidant le ferpent eftrc mort, cette moitié pendant delà main Ce retourna contre icelle Se lamordit cruellement. Le païfan, cuidant fecourir à la playc,il la porte à la bouche pour la fucce'r. Cefaid incontinent il tomba en terre &deuenu muet mourut. Outre ce il faut noter que les venins ne'fontleurs efFeds d'vne mefme forte, & ne procèdent ledits efFeds d'vnç mefme caufe. Car aucuns (ain-fi que les philofophes ont dit ) opèrent par l'excez des qualités élémentaires defquelles ils font com-pofez. D'autres opèrent par leur propre qualité ou forme, qu'aucuns apellent propriété occulte , oufecrette , introduire es chofes inférieures compofees par l'influence des lignes droittes radicales, pro-uenans de la fplendeur des eftoilles fixes , félon toutesfois la proportion Se difpofition de la matière desdites chofes compofees. D'autres y en a qui opèrent par les deux fortes fufdites , affauoir par leur qua-lité élémentaire , & par leur propre, qu'ils apellent, formefpecifique. Les venins qui opèrent par lesçxcez de leurs qualités feulement, ils diuerfifient leurs adions félon la diuerfité de leurs qualités : par-ce que l 'vn eft chaud, l'autre eft froid , l 'autre fec, l'autre humide. Ceux qui ont la chaleur excefsi-ue, ils tuent en deuxfortes. L'vne eft qu'efhns prins par la bouche ils échauffent, brûlent, Se ron-gent iufques au cœur, L'autre eft qu'eftans appliquez extérieurement ils mangent ôc rongent la chairiufques aux os : ce que fait bien lç heure marin. Ou bien les chofes chaudes au plus hau t degré brûlenttant le dedans que le dehors, comme l'euphorbe, l'ellebore, iufquesà ce que le cœur eftant enflam-mé ils font mourir. Semblablemcnt les poyfons froids tuent en deux fortes. L'vne eft que par leur ex-trême froideur ils rendent le corps figelé& amorti,que le cœur aufsi pareillement deuient gelé,com-me il auient à ceux qui ont mangé de l'opium. L'autre eft que les couduys du corps bouchez'par lagrande froideur, ils ortent la refpiration, Se par confequent ils fuffoquent Se eftranglent les perfones,comme font le plomb brûlé, & les champignons venimeux. Le venin fec aufsi opère en deux fortes'ou enconfumant le fang humide du cœur, comme la chaux viue, ou en feparant &diuifant les par-ties l'vne de l'autre, iufques à ce que tous les membres foient diuifçz en parties trefpetites iufques aucœur. Tel eft l'effed du Realgar. Quant au poyfon humide , aucuns difent qu'il ne s'en trouue pointrpar-ce qu'il eft impofsible d'en trouuer vn humide iufques au quatrième degré : toutesfois le contraire fe vé-rifié par l'exemple de celuy qui dormant de nuyt fut mordu d'vn ferpent, ain/î que Gilbertus Anglicusrecite, Se mourut : fon valet au matin le tirant par le bras penfant krefucillcr , toute la chair dudit braspourrie tomba, les os demeurans tous denuez de chair. Ce qui ne peut eftre auenu que par l'cxcefsiue 40humidité du venin qui eftoit trefgrande aux dens de cc ferpent. Autant eh fait la falamandve, fi réduite enpoudre on la boit, comme Diofcoride déclarera ci-apres. lien eft autant auenu à celuy que le ferpentcenchris auoit mordu. Parquoi Galien fuyuam Hippocrates a bien dit au liure 1. des temperamens, quela difpofition delà nuee eftant pluuieufe, humide , fugette au vent de midi, il eft auenu par cette hu-midité , que l'ertéfuyuant il y eut force charbons , à rai fon defquels Se de l'humidité venimeufe & cor-rompue , en aucuns la chair des bras toute pourrie romboit 3 pièces. En d'autres la chair des cuifl'esdes iambes, & des pieds eftoit fi pourrie que les os demeuroient tous denuez d icelle. En d'autres nonfeulement la chair fe trouua pourrie, ains aufsi les nerfs , les os , lesiointures Se liaifons furent toutesçonfumees. D'où on peut clairement voir qu'on peut trouuer des venins d'vne humidité fi excefsiue qu'ilspeuuent faire mourir les perfones par l'entiere putrefadion des membres, comm'eft l'argent vif, le- foquel par fon humidité excefsiue corromp fouuent 1 humidité naturelle du cœur, comme nous voionsordinairement en ceux qui pour guérir de la groffe verolle fe font oindrç d'onguens efquels y a forcevifargent. Car en iceux outre ce que ledit vifargent leur pourrit les genciues, les dens, le palais & au-tres parties circonuoifines, fouuent aufsi quand on en met plus grande quantité en l'onguent qu'il n'eftde befoin, il les conduit à la mort, infedant tout le fang de pourriture : Se ce appliqué feulemcnrpardehors : combien que prins aufsi par la bouche, il fait mourir la perfone, fi on excédé vne certaine petitequantité, comme nous auonsdit au liure precedent : parce que de fon excefsiue froideur il congelelesefprits vitaux , & la fubftance du cœur, comm'il auint à vn apoticaire qui fans y penferen beut , ainfique Petrus Aponenfis furnommé le Conciliateur le recite. Par ces moyens fufdits les venins font leurseffeds, lefquels par leurs excefsiues qualités tuent les perfones. Quant à ceux lefquels font mourir de leur Çapropre vertu, ou ( comm 'on dit) de leur propre forme, ils ne le font pas parce qu'ils font de chaleurde froideur, de fecherefle , d'humidité excefsiue , ains parce qu'ils ont ce naturel particulier des in-fluences , qui procèdent ( comme dit eft) des rayons de certaines etoilles fixes, qui les engendrent ainficontraires à la nature humaine. Pource tels venins prins en bien petite quantité, voire quafi infenfîble fontceneantmoins d'vne force fi maligne ,& tant cruelle, qu'en peu de tems ils croiffent beaucoup , conuer-tiflant en foi l'humidité du corps, tellement que quafi en vn heure ils le défibrent, & conduyfcnt à lamort ceux qui en ont prins,comme font l'aconit Je napellus , le toxicum. Ce que Galien à bien entendu auliure 1. delà fêmence, ou il le de claire ainfi , Pour cette caufe la plus petite partie,qu'on fauroit élire del'humeur des poyfons mortels,entrant dedans le corps d'vn animal, en peu de tems lç change du tout lerendant fèmblable a foi. Ne plus ne moins fe fait la guerifbn parles contrepoyfôns Sç antidotes , lefquelspar vne mutation contraire aux poyfons immuent aufsi tout le corps : non pas que leur fubftance pénétré
par