A TRESIN V INC I BLE ET
TRESPVISSANT EMPEREVR DES RO-
J.1AINS TOVIOVRS A V G V S T E, M A X I H I L I A N II.
de ce nomj&c. Aux Sereniflimes & IIli/ftrifTimes Ele&eurs duSacré Empire Romain ,&c, Ferdinand & Charles Ar-chiducs d'Auftriche,&c. & aux autres Princesde toute l'Alemagne mes tres-bons Seigneurs.
LINE & plusieurs autres anciens Hiftoriensattcftent,trcfîn-uvncvble Lmçereur,& vous Princes Serenifsimes, la medednequi cô/iftc en la conoiffance des plantes (ie parlerai première-ment de cette partie ) auok efté iadis trouuce de Chiron ceCentaure de grand renom , filsde Saturne & de Phillyre. Les • .autres ladifentauoir cflc inucncee de Apo\lon,les autres de ^ U facticeEfculape Ton fils : eftimans vne feienec tant excellente ne pou- <jcs herbes.uoir procéder d'autres que des Dieux immortels, 6c cftre im-pofstble à l'home de pouuoir rechercher & connoitre les natu-res& vertus des plantes, fi premièrement le grand ouuricr detoutes chofes,ne les luy a enfcignees. Car, comme dit Pline, fiqudeun penfe telles chofes pouuoir cftre inuentees des homes,il eft ingrat rtconnoifïeur de la pui/Tance des Dieux. Mais il y.a d'autres audteurs tresapprouuez,qui,toutes fixions des Poctes reiettees,& d'autres,caiuans des menfonges en leurs h<ftoires, tou-chant les inuenteurs de la partie de la médecine qui gît en la fciencc des herbes, font perfuadeztat par tef v,oignages d'au&eurs, que par viucs raifons, que Dieu créateur de toutes chofcs a mon-tré à Adam,premier propagateur du gère humainjes vertus des plantes, & de toutes autres chofesque la terre produit & nourrit, & qu'il lui a infusé la connoiffance d'icelles, aufsi coû que l'aiantformé du limon de la terre , il luy a infpiré la lumière de vie. Or que les admirables fccrets de la j ef pf Jntesmedecine,qui font non feulement es herbes & arbrcs,ains en toutes chofcs qui font en l'vniuers, créées pourfoient créées pour lVlage du genre humain , le moral & diuin phdofophe Iefus Syrach le teftific l'a fige deapertement es lettres fainftes, difânt que Dieu a créé la medecine de la terre,laquelle l'home pru- l'home.dent ne defdaignera. i.tqueDicu au commencement ait infusé la fcience de toutes chofcs enAdam,il eft facile de le conieâurer des efcrits de Moife au liu i. de Genefe. Car Dieu aiant donnéJa pui/îànce à nos premiers peres d'eftre maiftres fur les oyfeaus du ciel, fur les poiflons de la mer,
& fur les autres bcft.es de la terre, leur difant, Voila, ie vous baille toutes les herbes qui fructifienten tour fond de terre , Se tous arbres portans fruits & fe mence ,defqucls il vouseftpermisd'vfcrpour voftre viu re,& aux beftesde la terre &c aux oifeaus,& à tous, qui, animez d'vn efpnt vital femeuuent, ie donne toute herbe verte pour fe nourrir. De là,di-ic, on peut conie&urer que Dieuaiant orné l'home de fi grands dons, qu'il n'a oublié de lui enfeigner la nature & vertus de touteschofes par vn feul foufflemet du diuin efpnt. Car vn don tant précieux qu'il fauioit eftre,ne feroitrieneftimé ,fi on ne fauoit à quoi il pourroit feruir. Vcu donc que les œuuresde Dieufontfansimperfection aucune, il faut croire qu'il en eft ainfi comme nous auons dit : parce eue nous fom-mes certains que ^ieu n'a ignoré, le genre humain deuoir eftre fuget à plulicurs & grand maus,pourlefquels appaifer & ofter ( comme il appartient à vn perebien aff.£honné)iln'cuftiamaisoublié d'enfeigner à l'homelcsaides & remedes qui font es plantes créées feulement pour luy,afinqu'il ne fe defelperaft aus afflidtion 1 . qui furuiennent aus grandes maladies efquelles nous fommesgrandement confolés,quand nous y tentons les foudains remedes par les médecines. On dit doncque la poftenté d'Adam premier pere de toùs,a'prins de lui la connoifîance de toutes chofes: puisque,l'induftne des homes augmentée,ils ont commencé à éplucher les chofcs plus curicufemcnt,&. les rechercher plus profondement : qui eft le premier accroiflemeut & ornement de la fciencedes herbes. Ce que depuis les homes fàgesconfiderans,&: voians l'excellence & vtiluéde cettefciencc cflre grandes, ils y ont prins fi grand plaifîr, qu'ils ont employé tout leur eftude en ladite
fcience