SVR LE II II. LIVRE DE D I O S C. 5 n
B I S T O X T A, '^Ombien que Ruel die Britanica eftre vne plante con-
V v nciic'en Italie,& qu'on l'y apeiie Piatanwno,toutesroisj P^SL * e n dl P°' lir encores peu lauoir que /igniiie ce mot, &c n ai
gSs trouué perfone qui m'ait montré la Bmaniça. Pline en fliit
fS grand cas au liu. ly.chap. j.diCun ainii:Celar Germanique
m? 5 il Jp"' «gj iàiQnt marcher Ton camp delà le Rhein,vers la mer, Le trou-
/ 8 ua vnc fontaine feule d eau douce, laquelle failoit tomber
lr J ^4 " W j ^ cs dens à ceus t î u i en beuuoient dans deus ans, & délouer
| r # I ' es i°' nmres des genous.Les Médecins apelloient ces mala-
rê Jj î S dies ftomacace, Se fceletyrbe. Aulquelles on a trouue pour
kN^ | Vq remede l'herbe nommee Britanica, lalutaire non feulement
la 1 olF^glr t aus nerfs,& maladies de la bouche,ains aufsi aus elquinan-
ces,& contre les ferpens.Ses feuilles font longues, noires, laracine aufsi noire. On tient pour certain que la Heur cueillie. déliant que d'ouir aucun tonnerre,& mâgee,alleure du toutla perfone. Les Friiîens,où eftoit noftre cap, nous l ont montree. Voila qu'en dit Pline. Aucuns dilènt que britanica eftcett'herbe que les herboriftes vulgaires apellétBiftorta,par-ce que la racine eft toute tortue. Mais ils s'abulènt. Car ia-çoit que les feuilles de la biftorte foient comme celles de la-pathum,toutesfois elles ne font ne noires,ne velues, ains pluftoft villes,rouflà très au delfus, aucunement bleues au def-fous. Dauantage la racine de britanica eft menue , &c cour-MJmte. Celle de la biftorte , grolle, Se entortillée comm'vn fer-£(p>r jRfrS§|. peut couché. Et pour la décrire entièrement, elle croift es
hautes montaignes, aiant les feuilles au commencement de' CLir naiflànce,pointues,rougeatres, eftans crues, fêmblablesFp ( T g aus feuilles de lapathum:mais elles lont lillees, aucunementî° Jr purpurees par le dellous , & entaillees alentour. Sa tige eft
ronde,menue,haute d vne coudee,où font des feuilles beau-vjftrh TV>r^ coup plus petites. Du fommet de la tige fort vne Heur épiee,
p m T , r r a rouge,ou aucunement purpurce,d'ou vient vnc graine fém-
blable à celle de l'ozeiile. La racine eft comme celle de lacanne,mais pleine de ius,entorfillee comm'vn lêrpent,cou-uertc d'vn'écorce noire , rouge au dedans , aftringente augouft. Elle croift en grande quantité en Boheme, lpeciale-ment es montaignes, qui départent la Boheme de la Silelîe,& cfquelles le Heuue Albis prend fa lource. Outre ce il en ya qui dilent, la Tormentille, ainfî vulgairement nommée,Se au s boutiques,eftre vn'elpece de biftorte, non que la tor-mentille lui foit fêmblable de forme,ains de vertus .Delaquelle nGUS dirons ici quelque chofe, puis qu'il elt venu à pro-pos d en parler , & a caufe de les giandes & iîngulieres ver-tus.LaTormentille donc à lès feuilles côme la quintefeuille,moindres, diuifees en ("et découppures : là. racine courre,noueufe,ferree,rouge aftiingenrc.ies tiges menues, rougea-ties:la Heur iaune, tellement qu'il Ja faut mettre elpece dequmtcfeuille. Aucun» à railôn des lét decouppures des feuilles , l'apellent Heptaphyllon*.Les herbonftes aflèuiçt quel-l'a tnémes propriétés que la biftorte. Toutes deus prinles enbruuage engardent les femmes d'auorter,& appliquées auecvinaigre fur le ventre, & les reins. Prinles en bruuage auecius Je plantain arreftent le ftus d'vnne : font ceilèr les men-llxues immodérés,li les iemmes le baignent dans leur deco-tftion îufques au nombril.Autant en font elles(le tout lé doitentendre des racines) li eftans broiees, & incorporées auecmiel, & nard 011 les applique fur le ventre Se penil. Ellesétanchent le lang des piaies, gettant dellus de leur poudre.Icelle incorporée auec 1a glaire d'vn œuf, roftie fur vne tuil-le,puis incontinent mangee appailc les vomillemensd hu-meurs cholériques. L eau diltillee par alembics, où la déco-ction des dites racines, fert de remede contre tous venins.De là la tormentille a prins li grand crédit que des racinesd'icclie on en fait des médecines contre la pefte , & Heures peftilentielles , principalement elquellesles pu-llules fortent par tout le corps. On baille aulsi de leur décoction à boire aus enfans, pour les guérir desvers.Toutes deus guerillent les dyfenteries & foudent les plaies , principalement des înteftins, & des par-ties nobles intérieures,& ce non feulement appliquées dellus, ains auùi prinfes en bruuage. Elles guerif-fent les vlccres rebelles , & de difficile guerilon , & arreftent ceus qui vont mangeant tout alentour. Lapoudre des racines empêche le crachement delang. Beue auec eau delà grande confolide eft boneà70 ceus qui font brifés, & tombés de haut : car non feulement par dehors guent les fradures Se brifeures,ains aufsi dilTout le lang caillé hors des vaillèaus. Mile dans le creus des dens auec bien peu d'alum, & depy rethre,non feulement appaife les douleurs, mais aufsi arrefte les defluxions. Particulièrement les racinesde la biftorte font bones contre les morfures des lèrpens venimeus. D 'où eft venu qu'aucuns l'ont nom-~ X x j
Forme deB ijlorta.
ht lieu.
Termëtille.
*<tidnt ftl
feuilles.
Vtrtu/.