Les pre-miers quiont efcritdes herbes.
Le s R°frJludieux desfinîtes.
Lts écritsdes itlufiresR.o>nmstouchant lesherbes.
jkoHcMge dePlint.
E P I S T R E.
fçiéce des herbes,&: à chercher & entendre toutes autres chofes lefquelles font traittees en la mé-decine. Mais ils n'ont non feulement trauaillê à fauoir les plantes qui par noftre cultiuage nousplaifent,& defquelles nous vfons es yiâdes,ains aufsi ils ont grimpe iufques au plus haut des mon-tagnes où perfone iamaisn 'auoit pafsé,& ontcerché les defertscachez & la profondité de la ter-re,pour trouuer les vertus de chaque racine,à quoy font bones les feuilles des herbes, accommo-dans à noftre profit,voire celles que les belles ne mangent point: aufquels combien nous fommesredeuables,il n'eft pofsible de le dire,ne de recompenfer aucunement vn fi grand bien qu'ils nousont fai£t. Le premier de tous,qu'on fâche,qui,entre les Grecs,a diligemment écrit des herbes ce aefté Orpheus,après luiMufec,& Hefiode,aiant eftéenfeignez des Egyptiens, comme les anciensdifent.Depuis Pythagoras fort renommé pour fafagelïe a é. rit des liures des vertus des plantes, fedifant les fauoir de Apollon &c Efculape. Democrite aufsi a composé des liures des plantes,aiantpremièrement voyagé par toute la Perlie,Arabie,Ethiopie, Egypte. Plufieurs les ont fuyuis, éprisde l'excellence & grand plaifir de cette fcience, & pour en icelle aider & profiter à la pofterité, ilsn'ont douté s'expofer à plufieurs dangiers de leur vie,paflanspar beaucoup de régions inconneuës& rudes,pour aquerir la yraie connoilïance de l'ellebore & autres medicamens. Du nobre d'iceuxfont Hippocrat,Crateue ,Ariftote,Theophrafte,Diocle Cariftien, Pamphile, Mantias, Herophile,Diofcoride, Galien, Pline, & plufieurs autres, lefquels ie ne nommerai,craignant eftre trop long.Au refte que l'inuention fcience des plantes ( outre le grand plaifir qu'on en reçoit ) produiteaufsi vn ^rand profit,gloire & honneur perpétuel, non feulement les fages de l'vniuers, trefdili-gens rechercheurs des chofes l'ont côneu, ains aufsi les trefgrans & trefpuiffans Rois, lefquels s'é-merueillans du célébré renom defdi&sfages,aquis principalement çar cette fcience, cftimas qu'enicelle fcience trefancienne y auoit vne grandifsime fçleudeuv,Sc excellence exquife, ils y ont mistant de tems & de peine pour la fauoir &c il\uftrer,que plufieurs d'eux ont écrit de l'hiftoire & ver-tus d'icelles:aucuns en ont composé des nnguliers antidotes pour le profit S C vfagedeux,& detous homes. Les autres combien que par plufieurs beaux â£tes,par bon confeil & par armes bienexecutez,ils euffent allez îlluftre leur nom , fi eftee quepenfans l'illuftrer dauantage, fi par leureftude ils aqucroientk fcience des plantes,ils ont fait chercher à grans frais & à grande peine, &ctranfporter à foy des plus lointaines parties de la terre, des plus rares plantes & des plus exquifes,pour faire defeription de leur vraie bc certaine hiftoire.Car ils fauoient bien que aiant longuement& diligemment versé en cette fcience,s'ils inuentoient ou mettoient par écrit quelque choie d'ex-quis en icelle,ils immortalizeroientleur nom:parce que les herbes lefquelles tous les ans reuiuent,repullulent & reuerdoient,font touiours fouuenir aus homes de ceux qui les ont trouuees,ou quiont laifsé à la pofterité quelque écrit de l'hiftoire d'icclles, ou de leurs vertus. Plufieurs ont écritl'herbe Gentiane, laquelle tous herboriftes louent, auoir efté inuentee par Gentius Roy desllly-riens,& que de luy ell'a aquis fon no m, comme luy a aquis bon bruit & immortalité de nom parelle. Semblablement Lyfimachus Roy de Macedoine a trouué,comme Pline écrit, l'herbe Lyfi-machie,& l'a ainfi de foy nommée,fera à caufe d'elle perpétuellement loué. Le feordium faitgrand honneur à Mithridates Roy du Ponte. Dauantage l'herbe Clymenusau Roy Clymenusfon inuenteur,Euphorbium à IubaRoy de Mauritanie, Télephium a 1 elephus Roy de Milîe, E-chium &c Anchufa à Alcibiades Duc des Athéniens donnent vn los eternel. Par cette fcience mef-me Attalus Roy de Périme, & Euax Roy des Arabes ont éclairci leurs noms. Ccttui-ci aiantbeaucoup écrit à Néron l'Empereur,des vertus des fimplesmedicamens:cettui là aiant composéplufieurs antidotes contre les poifons,&: piqueures des beftes venimeufes, a grandement trauaillêpour recouurer des vraies plantes. Outre les fufdits nous auons Archelae Roy de Gappadoce,Mafsinillà de Numidie ,Agamemnon des Argiues,les noms defquels ne mourront ïamais pour lapeine & diligence qu'ils ont employé à connoitre les plantcs.Ie lailTerai à parler de Philometer,deHieron,& de quelques autres Roys fort célébrés, de peur d'eftre trop long,lefquels ont receu vnegloire immortelle de ce qu'ils ont efté curieux de la fcience des herbes, & en ont écrit au grandprofit de la pofterité. Auec le tems cette fcience eft paruenue iufques aux R omains:entre lefquelsMarc Caton,maiftre de tous bons arts,le premier & feul pour vn long tems a traitté de cette feience,voire n'oubliant les médecines des bœufs.Apres lui 1 vn des îlluftres Romains C. Valgius, ho-me de grand fauoir, s'eft elîaié d'écrire des plantes, en vn liure imperfait dédié à Cefar Augufte.Mais au parauant Pompeius Lenxus,Liberté du grand Pompee, leul entre les Latins auoit écritdes liures des plantes,les aiant prins du cabinet de Mithridates. Car ce R de grand efprit
en toutes chofes,& principalement en lacônoiffance de la matière niedecinale,. uoit lait chercherpar toutes lès terres,qui eftoient fort grandes, toutes fortes de plantes,defquelles il auoit laifsé desliures & mémoires,& des effefts d'icelles entre fes plus grands fecrets. Or Pompée l'aiant vaincu& iouilfant de cette proie Roy aie, commanda à Lenee trefdofte Grammairien de les traduire enLatin, par fa vi&oire voulant autant profiter à la vie ,qu à la République. L ong tems api es iccuxPline écriuant de l 'hiftoire Naturelle a traitté plus amplement des plantes en plufieurs liures &:continus,duquel nous apprenons tout ce que les autres deuant luy ont écrit car Lurs liures eftans<de long tems perdus,nous n'en pourrions receuoir aucun profit,linon de ce que Pline en a trâfcriten les hures, il faut aufsi contempler ici la fcience d Antoine Caftor qui eftoit deuant Pline. Ledit• *■ - Caftor
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