B. Avez-vous un cachet? ... Je peux vous en prêter unsans initiales.
A. Merci bien ; je me servirai de ma hague à cachet. Lavoilà enfin cachetée, cette lettre. . . . Maintenant l’adresse. Ai-jebesoin d’écrire encore franco?
B. Du tout, il y a le timbre pour cela. Mais n’y mettezdonc pas de poudre, voici un papier buvard.
A. Bien ; en tout cas, j’écris citissime.
B. Si vous voulez vous en passer la fantaisie, 1 c’est un plaisirinnocent et qui ne coûte rien. Mais si vous vous imaginez quevotre superlatif latin fera marcher la lettre plus vite. . . .
A. Je ne dis pas ça, mais à Vienne le facteur la porterafins tôt à son adresse.
B. Ah ! c’est ça. Ordinairement le facteur distribue seslettres d’après les rues et les numéros des maisons; mais quandil verra votre citissime, il sera saisi d’un saint respect et sedérangera de sa route.
A. Vous êtes un farceur. Mais dites-moi, où est donc lapremière boîte ?
B. Tout à côté, la première rue à droite.
A. Merci, je reviens à l’instant.
XV. LE DÉPART.
(Voir Chapitre XXV du Vocabulaire.)
A. Bonjour, messieurs. . . . Comment, vous faites déjà vosMalles? Vous partez donc ce soir même 2 pour Paris?
B. C’est-à-dire que nous voulions partir; mais à moins quela locomotive n’ait la complaisance d’attendre une petite heure,je ne crois pas que nous partions encore. Mon cher compagnonde voyage n'en fait jamais d'autres, ce n’est pas la premièrefois dans ce voyage qu’il nous fait manquer le train.
A. Il est vrai que vous n’avez plus qu’une demi-heure, et>1 y a une bonne course d’ici à la gare (à l'embarcadère').
C. Mais, mon Dieu, j’ai déjà fini; je n’ai plus que ma malleà fermer. Du reste vous êtes d’une impatience .... On voitMen ce que c’est que le sang français.
B. Et vous d’une lenteur . . . Vous faites bien voir ce quetest que le flegme allemand.
A. Eh bien, messieurs, au lieu de vous faire une querelled'Allemandf profitez du temps qui vous reste pour fermer cette
1 Voyez page 53, note 1. 2 Voyez page 115.
3 Voyez page 60, note 3.