DE l’allemagne. 337
livres sur ce sujet à la fois très-important et très-intéres-sant pour le public.
Depuis lors, je n’ai pas fait d’autres recherches surma gloire japonaise. Dans ce moment elle m’est aussiindifférente que, par exemple, la gloire que je possèdedans les îles de Finlande. Hélas! la gloire, cette mannesucrée, douce comme l’ananas et la flatterie, elle s’estchangée en amertume pour moi depuis bien longtemps,et elle me semble maintenant amère comme l’absinthe.Je puis dire comme Roméo : « Je suis le fou de la For-tune. » Je me trouve à présent devant la grande mar-mite, mais je manque de cuillère. À quoi cela me sert-ilqu’on boive à ma santé au milieu des festins, dans descoupes d’or et avec les vins les plus exquis, si pendantces ovations, loin et isolé de tous les plaisirs du monde,je ne puis humecter mes lèvres qu’avec une fade tisane !A quoi cela me sert-il que toutes les roses de Schirass’épanouissent et brûlent pour moi, éclatantes de ten-dresse — hélas ! Schiras est situé à deux mille lieues decette triste chambre de malade que j’occupe depuis silongtemps, et où je ne sens d’autres parfums que par-hasard ceux de serviettes chauffées. Hélas ! la moqueriede Dieu pèse sur moi. Le grand auteur de l’univers,l’Aristophane du ciel, a voulu faire sentir vivement aupetit auteur terrestre, au soi-disant Aristophane alle-mand, à quel point ses sarcasmes les plus spirituelsn’ont été au fond que de pitoyables piqûres d’épingle,en comparaison des coups de foudre de la satire, que