338 ŒUVRES DE IIEN1U IIETNE.
Y humour divin sait lancer sur les chétifs mortels.—Oui, l’amer flot de railleries, que le grand maître dé-verse sur moi, est terrible, et ses épigrammes sontcruelles à faire frémir. Je reconnais humblement sasupériorité, et je me prosterne devant lui dans la pous-sière. Cependant, quelque faible que soit ma vervecréatrice, en la comparant à celle du grand créateur, iln’en brille pas moins dans ma tête la raison éternelle,et j’ai le droit de citer devant le tribunal de cette raisonet de soumettre à sa critique respectueuse la plaisan-terie de Dieu, mon Seigneur et maître. C’est ainsi quetout humblement j’ose faire observer d’abord que laplaisanterie atroce qu’il m’inflige, me semble se prolongerun peu trop ; voilà plus de six ans qu’elle dure, ce quifinit par devenir ennuyeux. Puis je voudrais aussi faireremarquer en toute humilité que cette plaisanterie n’estpas neuve, que le grand Aristophane du ciel s’en estdéjà servi à mainte autre occasion, et qu’il a commisainsi un plagiat sur ses propres œuvres. A l’appui dece que je viens d’avancer, je citerai un passage de laChronique de Limbourg. C’est un livre très-intéressantpour ceux qui veulent s’instruire sur les mœurs et lescoutumes de l’Allemagne du moyen âge. Cette chro-nique décrit, comme un journal de mbdes, les costumeset d’hommes et de femmes qui étaient en vogue à chaquepériode ; elle donne aussi des renseignements sur les airsnouveaux qu’on chantait chaque année, et elle reproduitquelquefois le commencement de la chanson. Par