DE 1,’ALLEMAGNE.
25
petit livre sur ce dernier sujet. Je suis sûr qu’il inté-resserait. Dans ce but, je m’occupais l’autre jour à re-chercher les dernières traces que le paganisme a lais-sées dans notre époque chrétienne. Il est fort curieuxde voir pendant quel long espace de temps et sous quellevariété de déguisements les belles créations de la my-thologie grecque se sont conservées en Europe. Pournous autres poètes, elles ont toujours vécu, et vivent en-core aujourd’hui. Depuis la victoire de l’église chré-tienne, nous avons formé une sorte de communautémystérieuse, où le culte des antiques idoles, avec sesjoies et ses allégresses, s’est transmis de génération engénération par les traditions rhythmiques ou ritnées.Mais, hélas ! cette ecclesia pressa , qui honore Homèrecomme son prophète, est de jour en jour persécutéeavec plus de rage, et le zèle des noirs familiers de lasecte nazaréenne est excité chaque jour d’une manièreplus inquiétante. Sommes-nous menacés d’une nouvellepersécution iconoclaste? La crainte et l’espérance se ba-lancent dans mon cœur...
Je me suis réconcilié avec la mer ( tu sais que nousétions en délicatesse), et le soir, assis l’un près del’autre, nous avons ensemble mainte causerie mysté-rieuse. Décidément je veux mettre de côté la politiqueet la philosophie, et me plonger de nouveau dans l’artet la contemplation de la nature. A quoi bon tant detourments? j’aurais beau me sacrifier pour le salut gé-néral, quel avantage en résulterait-il pour le monde?n.
2