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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
et tandis que je parlais sur la Trinité avec le Prussien,au-dessous de moi le Hollandais expliquait comment ondistingue le kablejan, le laberdan et le stockfisch, quoi-»qu’au fond tout cela soit le même poisson, et qu’on n’exprime par là que les trois phases de la salaison.
Mon hôte est un superbe marin, fameux dans l’île en-tière pour son intrépidité dans les temps d’orages et dedétresse, et avec cela affable et doux comme un enfant.Il ne fait que revenir d’une longue traversée, et, avec unsérieux comique, il nous parla d’un phénomène qu’ilprétendit avoir observé dans la haute mer, avant-hier,le 29 juillet. Le conte est singulier. A l’entendre, toutela mer répandait une odeur de gâteaux de fête si appé-tissante^ que l’eau lui en venait à la bouche. Vois-tu,c'est un pendant à cette illusion moqueuse qui, dans lesdéserts d’Arabie, montre une eau claire et rafraîchis-sante au voyageur épuisé de soif : un efata morgana degâteaux.
Ilelgoland, le 1er août IS30.
Tu ne saurais te faire idée combien je trouve ici decharmes au dolce farniente. Je n’ai pas apporté un seullivre qui traitât des intérêts du jour, et toute ma biblio-thèque se compose de l'histoire des Lombards par PaulVarnefried, de la Bible, d’Homère et de quelques bou-quins sur la sorcellerie. Je serais assez tenté d’écrire un