DE LA FRANCE.
361
membres de la confrérie, habillés entièrement ennoir et couverts d’un camail. également noir, qui n’aque deux trous, par lesquels les yeux regardent mys-térieusement , s’avancent comme un cortège despectres. Sur le devant du tableau, en face du spec-tateur, sont assis le père, la mère et le jeune frèredu mort. Pauvrement vêtu, livré à un chagrin pro-fond, la tête penchée et les mains jointes, le vieillardse tait; car il n’est pas de douleur plus grande en cemonde que celle du père qui, contrairement à la loide la nature, survit à son enfant. La mère, couverted’une pîileur mortelle, semble se lamenter avec toutela violence du désespoir. L’enfant, pauvre petit lour-daud, tient un pain à la main et veut manger; mais ladouleur qu’il partage à son insu, l’empêche d’avalerla moindre bouchée, et sa mine en est d’autant plusaffligée. Le mort paraît le fds aîné, l’appui et l’orne-ment de la famille, la colonne corinthienne de la mai-son; encore beau de jeunesse et de grâce, presquesouriant, il est étendu sur la civière funéraire, ensorte que dans cette composition la vie est terne,laide et triste, et la mort au contraire apparaît belleet aimable : peu s’en faut qu’elle ne sourie.
Le peintre, qui glorifie la mort avec tant de charme,
21