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ŒUVRES UE HENRI 1IEINE.
traitées'd’une manière moins matérielle, plus aérienneet plus fabuleuse. Le mélange des caractères de labête et de l’homme dans les figures de ce tableau estencore un motif de plus pour les rendre d’une manièreinusitée. Dans ce mélange même est la source de cetteverve antique que les Grecs et les Romains ont su ex-primer dans leurs innombrables tableaux chimériques,ainsi que nous le voyons avec ravissement sur les mursd’Herculanum et dans les statues de satyres, de cen-taures, etc. Quant au reproche de caricature, l’artisteen est suffisamment défendu par l’accord de sonœuvre, délicieuse musique de couleurs qui résonned’une manière comique mais harmonieuse, enfin parla magie de son coloris. Les peintres de caricatures sontrarement de bons coloristes, justement à cause de cemorcellement de leur sentiment, qui est la conditionde leur vocation pour la caricature ; la perfection ducoloris naît au contraire de l’âme du peintre et dépendde l’unité de ses sentiments. Je n’ai vu dans les ta-bleaux originaux de Hogarth, à la galerie nationale deLondres, que des barbouillages bigarrés qui juraientles uns contre les autres, véritables émeutes de teintescrues.
J’ai oublié de remarquer que, dans ce tableau de