DE LA FRANCE.
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mation, son débit saccadé ont été imités avec bonheurpar beaucoup de comédiens; car le perrocpiet peutcontrefaire à s’y méprendre le cri de l’aigle, roi desairs; mais le regard de l’aigle, ce feu hardi qui peutse confondre dans la lumière homogène du soleil,l’œil de Kean, cet éclair magique, cette flamme en-chantée, nul vulgaire oiseau de théâtre n’a pu se l’ap-proprier. Ce n’est que dans l’œil de Frédéric Lemaîtreet pendant qu’il représentait le pérsonnage de Kean,que j’ai découvert quelque chose qui offrait la plusgrande similitude avec le regard du véritable EdmondKean, de Drurylane.
Il serait injuste, quand je rends un témoignage silouangeur pour Frédéric Lemaître, de passer soussilence l’autre grand acteur que Paris possède. Bocagejouit ici d’une réputation aussi grande, et sa per-sonnalité est, sinon aussi remarquable, du moinsaussi intéressante que celle de son confrère. Bocageest un bel homme, distingué, .dont les manières et lesmouvements sont nobles. Sa voix, métallique et richeen inflexions, se prête aussi bien aux éclats les plustonnants du courroux et de la fureur qu’à la tendressela plus caressante des murmures amoureux. Dansl’explosion la plus violente de la passion, il conserve