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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
tiers ces conditions pour toute espèce d’œuvre drama-tique. Il est du moins nécessaire que la scène ne soitjamais une banale répétition de la vie et qu’ellemontre l’existence ennoblie, sinon par le rhythme etla déclamation, au moins par le ton général et par lasolennité intime du drame; car le théâtre est un autremonde, qui est séparé du nôtre comme la scène l’estdu parterre. Entre le théâtre et la réalité, sont inter-posés l’orchestre, la musique et la ligne de feu de larampe. La réalité, après avoir traversé l’empire dessons et les lumières de la rampe, se montre à nous,sur le théâtre, épurée et harmonieuse. Les sons desinstruments vibrent encore en elle comme un échomourant, et les reflets des rampes l’illuminent d’unjour féerique. Ce sont des accords magiques, deslumières magiques, qui semblent contre nature à desspectateurs prosaïques et qui sont pourtant bien plusnaturels que la nature ordinaire ; car c’est la natureélevée par l’art au degré le plus sublime de sadivinité.
Les meilleurs poètes tragiques en France sonttoujours, jusqu’à ce moment, Alexandre Dumas etVictor Hugo, Je nomme celui-ci en second, parce queson activité n’est ni aussi grande ni aussi heureuse quo