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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
serait déjà purifiée des scories de la haine, sa parolene trouverait pas d’oreille impartiale au parterre oùsont assis des hommes qui n’ont pas oublié les com-bats sanglants qu’ils ont livrés à la noble lignée deces héros qui paradent sur la scène. On ne peut goûterbeaucoup la vue des pères, quand on a fait tomberla tête des fils en place de Grève. Voilà ce qui troublele plaisir dramatique. Il arrive souvent qu’on mécon-naît l’impartialité d’un auteur au point de l’accuserde sentiments anti-révolutionnaires. « Qu’est-ce quetoute cette chevalerie, cette friperie fantastique?»s’écrie alors le républicain courroucé; et il crie ana-thème sur le poète qui, pour corrompre le peuple,pour réveiller les sympathies aristocratiques, pared’une auréole de poésie les héros de l’ancien régime.
Ici, comme en beaucoup d’autres choses, se mani-feste une grande affinité entre les républicains fran-çais et les anciens puritains anglais. Ils grondentpresque du même ton dans leur polémique à proposde théâtre, avec celle différence que ceux-ci pui-saient dans le fanatisme religieux les arguments ab-surdes inspirés aux autres par le fanatisme politique.Parmi les documents de la période de Cromwell setrouve un pamphlet du fameux puritain I’rynue, inti-