DE LA FRANCE.
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chanter dans certains vaudevilles; il y chantait mômedes vers si mauvais qu’on aurait pu croire quec’étaient les siens propres.
En effet, les vers de ces vaudevilles sont d’un mau-vais exemplaire. Il n’en est pas de même de la mu-sique, surtout dans les pièces où de vieux grognardschantent la grandeur militaire et la fin déplorable del’empereur. La gracieuse légèreté du vaudeville tournealors au ton élégiaque sentimental, au point de tou-cher même un Allemand. On accommode les détes-tables paroles de ces complaintes aux mélodies con-nues sur lesquelles le peuple a coutume de chanterses refrains napoléoniens. On les entend ici, partout;on croirait volontiers qu’ils flottent dans l’air, ou queles oiseaux les chantent sur les arbres. J’ai toujoursen mémoire ces mélodies sentimentales, telles que jeles ai entendu chanter avec toutes sortes d’accompa-gnements et de variations, par des enfants, de jeunesfilles et de vieux militaires. Celui qui les chantait dela manière la plus touéhante était le vieil invalideaveugle de la citadelle de Dieppe. Ma demeure étaitau pied de cette citadelle, là où elle s’avance dans lamer. Le vieillard restait souvent des nuits entières àchanter, appuyé sur le mur écroulé, les hauts faits