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ŒUVRES UE HENRI HEINE. -
J’assurai le pauvre homme que l’empereur étaitresponsable de tous les péchés de la Grande-Armée ;mais qu’il n’en souffrirait guère, parce qu’aucun diabled’enfer n’oserait toucher Napoléon. Le vieux goûtafort cet avis et me raconta comme à l’ordinaire, avecune loquacité enthousiaste, les magnificences de l’em-pire, de l’époque impériale, où tout ruisselait d’or, oùtout florissait, tandis qu’aujourd’hui tout avait l’airflétri et décoloré.
Ce temps fut-il réellement en France une ère debeauté et de bonheur, comme le prétendent tous cesbonapartistes petits et grands, depuis l’invalide Iticoujusqu’à la duchesse de l’empire ? J’en doute. Leschamps restaient en friche et les hommes étaientconduits à la boucherie. On ne voyait que larmes demères et dépeuplement des habitations. Mais il en estde ces bonapartistes comme du mendiant ivre quiavait ingénieusement remarqué que, tant qu’il restaità jeun, sa maison lui paraissait une misérable hutte,sa femme un paquet de haillons et son enfant unêtre malingre et affamé; mais qu’aussitôt qu’il avaitbu quelques verres d’eau-de-vie, toute pette misère semétamorphosait : sa cabane devenait palais, sa femmeprincesse resplendissante et son enfant la santé