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ŒUVRES DE HENRI IIEINE.
qu’il irait dans l’enfer pour l’empereur. Comme je lopressai bien sérieusement aujourd’hui de m’expliquerces paroles, il me raconta l’effroyabli^histoire quevous allez lire.
Quand Napoléon fit enlever de Rome le pape Pie VIqu’il fit conduire à Savone, Ricou fit partie d’unecompagnie de grenadiers qui gardèrent le saint-pèredans ce château fort. On accorda, dans les commen-cements, mainte liberté au pape. R pouvait, sansobstacle, sortir de ses appartements à l’heure qu’il luiplaisait, et se rendre à la chapelle du château pour ycélébrer la messe. Quand il passait alors par lagrande salle où se tenaient les grenadiers impériaux,il étendait la main vers eux et leur donnait sa béné-diction. Mais un matin, les grenadiers reçurent laconsigne expresse de garder plus sévèrement à l’ave-nir la porte des appartements pontificaux et d’inter-dire au pape le passage dans la grande salle. Le sortvoulut malheureusement que ce fût Ricou qu’onchargea d’exécuter cet ordre, lui qui était né en Bre-tagne, conséquemment archi-catholique, et voyaitdans le pape prisonnier le vrai vicaire de Jésus-Christ.Le pauvre Ricou était donc en faction devant lesappartements du pape, quand celui-ci voulut, comme
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