DE LA FRANCE.
277
trieuse chevalerie d’argent, cette garde nationale,cette peur armée qui vous frappe avec la baïonnetteintelligente quand vous osez soutenir que le gouver-nement du monde n’appartient qu’au génie, à labeauté, à l’amour et à la force. Les hommes de pen-sée, si infatigables pendant le xvin 0 siècle à préparerla révolution en France, rougiraient s’ils voyaientcomme l’intérêt personnel bâtit ses misérables ca-banes sur l’emplacement des palais renversés, etcomme de ces cabanes sort une aristocratie nouvellequi, plus déplaisante que l’ancienne, ne cherchemême pas à se légitimer par une idée, par la foi à lavertu héréditaire, mais trouve sa dernière raison dansdes acquisitions qu’on doit ordinairement à un étroitesprit de chiffres, sinon aux plus ignobles qualités.
Quand on examine attentivement cette aristocratie,on découvre pourtant des analogies entre elle et l’aris-tocratie ancienne, telles que celle-ci se montra dans lestemps qui précédèrent sa mort. Le privilège de lanaissance s’appuyait alors sur des papiers qui prou- «vaient, non l’excellence des aïeux, mais leur nombre.C’était une sorte de papier-monnaie de naissance, quidonnait aux nobles, sous Louis XV et sous Louis XVI,
leur valeur légale, et les classait à différents degrés
<16