DE LA FRANCE.
273
absolument m’accoutumer à cette figure et l’employerà toute occasion. Un écrivain ne doit point se sou-mettre à sa subjectivité; il doit être capable d’écriretout, dùt-il lui en arriver mal.
La vie d’un Allemand ressemble à un cheveu qu’ontraîne dans le lait. On pourrait même rendre la com-paraison plus parfaite encore, si l’on disait : Lepeuple allemand ressemble à une queue de trentemillions de cheveux tressés qui nage paisiblementdans un grand pot de lait. Je pourrais conserver lamoitié de l’image et comparer la vie française à unpot de lait où sont tombées des milliers et des millionsde mouches qui cherchent à s’élever sur le dos lesunes des autres et finissent par se noyer toutes, à l’ex-ception de quelques-unes qui, par effet du hasard oude l’adresse, ont pu atteindre le bord du pot et s’ytraînent à sec, mais avec les ailes mouillées.
Je n’ai fait ici, pour des raisons particulières, quepeu d’obervations sur l’état social des Français. Nulhomme ne peut deviner comment se résoudront lescomplications actuelles. Peut-être la France arrive-t-elle à une effroyable catastrophe. Ceux qui com-mencent une révolution en sont d’ordinaire les vic-times, et ce sort atteint les peuples aussi bien aue les