DE LA FRANCE. 233
Sainte-Hélène. Ces deux images ont une ressemblancefrappante avec les représentations les plus saintes dela religion chrétienne. Dans l’une, Napoléon apparaîtcomme un sauveur qui guérit les pestiférés par l’at-touchement; dans l’autre, il meurt aussi de la mort del’expiation.
Pour nous, qui sommes préoccupés par une autresymbolique, nous ne voyons dans le martyre de Na-poléon à Sainte-Hélène aucune expiation dans le sensindiqué. L’empereur y porta la peine de son erreur laplus fatale, de l’infidélité dont il se rendit coupableenvers la révolution, sa mère. L’histoire avait montrédepuis longtemps que l’union entre le fils de la révo-lution et la fille du passé ne pouvait tourner à bien, etmaintenant nous voyons que le fruit unique de ce ma-riage funeste n’avait aucun principe de vie, et qu’il estmort déplorablement.
Quant à l’héritage du défunt, les avis sont fort par-tagés. Les amis de Louis-Philippe pensent que lesbonapartistes, désormais orphelins, vont se rattacherà eux. Je doute pourtant que les hommes de guerreet de gloire passent si promptement au pacifique juste-milieu. Les carlistes croient que les bonapartistes vontmaintenant plier le genou devant leur Henri Y, le