14-4 ŒUVRES CE HENRI HEINE.
la mort. Une grande partie du juste-milieu et la hautefinance ont également quitté la place et vivent dansleurs châteaux. Les véritables représentants de larichesse, MM. de Rothschild, sont pourtant demeurésà Paris, témoignant ainsi que ce n’est pas seulementen affaires qu’ils sont grands et hardis. Casimir Périers’est montré, lui aussi, grand et hardi en visitantl’Hôtel-Dieu après l’explosion du choléra. Ses adver-saires doivent même être désolés que le choléra l’aitsaisi depuis celte visite, fi n’a cependant pas suc-combé; car lui-même constitue un mal beaucoup plusfort. Le jeune prince royal, le duc d’Orléans, quivisita l’hôpital avec Casimir Périer, mérite égalementune mention très-honorable. Du reste, toute la familleroyale s’est montrée d’une manière admirable dans cestemps de désolation. Lors de l’apparition du choléra,la bonne reine assembla ses amis et ses serviteurs, etleur distribua des ceintures de flanelle, en grandepartie confectionnées de ses propres mains. Lesmœurs de l’ancienne chevalerie ne sont pas éteintes;elles n’ont fait que subir une métamorphose bour-geoise. De nobles dames ne revêtent plus leurs cham-pions d’écliarpes poétiques, mais d’écharpes desanté. Nous ne sommes plus d’ailleurs aux vieux temps