DE LA FRANCE.
1-43
tiouabe, pays de l’amour chevaleresque, de la fidéliléféminine , des poésies sentimentales et d’un air plussain. On dit qu’on a délivré dans ces circonstancesplus de cent taille passe-ports. Quoiquq le choléraattaque avec une préférence visible la classe la pluspauvre, les riches n’ont pas laissé de prendre la fuite.Il ne faut pas en vouloir à certains parvenus s’ils sesont sauvés. Le choléra, pensaient-ils, qui vient dufond de l’Asie, ne sait pas que nous avons gagné dansles derniers temps beaucoup d’argent à la bourse ; ilpourrait bien nous prendre encore pour de pauvreshères et nous faire manger de l’herbe par la racine.M. Aguado, l’un des banquiers les plus riches et che-valier de la Légion d’honneur, fut le feld-maréclial decette grande retraite. Il paraît que ce chevalier necessait de regarder, avec l’égarement de l’inquiétude,par les portières, et qu’il a même pris pour le choléra-morbus en chair et en os, son domestique bleu, quise tenait derrière sa voiture.
Le peuple murmura hautement quand il vit que lesriches se sauvaient et prenaient, avec un bagage demédecins et de pharmacies, le chemin de contréesplus saines. Le pauvre remarqua avec mécontentementque l’argent était devenu une protection au,ssi contre