DE LA FRANCE.
135
lesquels tous les etablissements de santé furentorganisés. 11 se forma une commission sanitaire; oninstitua de toutes parts des bureaux de secours, et l’or-donnance relative à la salubrité publique fut misepromptement en vigueur. Ce fut alors qu’on se heurtad’abord contre les intérêts de quelques milliersd’hommes qui regardent comme leur propriété la saletépublique. Ce sont les chiffonniers, qui cherchent toutela journée leur vie dans les ordures qu’on jette en tas aucoin des bornes des maisons. Munis de grands panierspointus sur le dos, un bâton crochu à la main, ceshommes à figures pâles et malpropres errent dans lesrues et savent découvrir dans ces ordures et revendrebeaucoup de choses qu’on peut encore utiliser. Maisquand la police, ne voulant plus que la boue s’amassâtdans les rues, en eut donné le nettoiement à l’entreprise,et que les ordures chargées dans des charrettes durentêtre emportées immédiatement hors de la ville et dé-posées en pleine campagne, où il était libre aux chiffon-niers d’y pêcher tout à leur aise, ceux-ci se plaignirent,non pas tout à fait de ce qu’on leur enlevait leur pain,mais de ce qu’on paralysait leur industrie; que cetteindustrie était un droit sanctionné par la prescription,et comme une propriété qu’on ne pouvait leur ravir