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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
est au moins fort mince; tête allongée sur un longcou', traits également longs, mais nobles et réguliers;front ouvert et franc, nez droit et bien proportionné,bouplie belle, fraîche ; lèvres doucement courbées etqui semblent dire des choses gracieuses; yeux petits,bleuâtres, presque insignifiants, ayant forme detriangles; chevelure châtain avec des favoris blondclair qui se rejoignent sous le menton, et [comme uncadre d’or, entourent cette face de jouvenceau rose etfleurie. On croit lire dans les linéaments de cette figureun avenir peu serein. Dans le cas le plus heureux, cejeune homme serait destiné à un grand martyre : ilserait roi. S’il ne pénètre pas avec l’esprit les événe-ments futurs, il semble en avoir au moins un pressen-timent instinctif. La nature matérielle, pour ainsi direle corps, est comme préoccupée de cet avenir, et sonextérieur décèle une certaine mélancolie. Il laissequelquefois tomber avec une tristesse rêveuse sa longuetête du haut de son long cou. Sa démarche est endor-mie et tardive comme celle d’un homme qui croit en-core arriver toujours trop tôt, sa parole traînante ouentrecoupée comme dans un demi-sommeil. Là se ré-vèle encore la même mélancolie, ou plutôt le sceaumélancolique de l’avenir. Du reste, son extérieur a