DE LA FRANCE.
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siens pendant tout ün hiver. La foule se presse encoreà l’Académie royale de Musique pour voir Robert leDiable; mais, n’en déplaise aux enthousiastes deMeyerbeer, je pense que beaucoup de gens ne sontpas seulement attirés par le charme de la musique,mais bien par le sens politique du livret. Robert leDiable, fils d’un démon aussi réprouvé que Philippe-Égalité et d’une princesse aussi pieuse que la filledes Penthièvre, Robert le Diable est poussé au mal, àla révolution, par l’esprit de son père; et par celuide sa mère, au bien, c’est-à-dire vers l’ancien régime :
ces deux natures innées se combattent dans son âme;il flotte entre les deux principes; il est juste-milieu.C’est en vain que les voix de l’abîme infernal veulentl’entraîner dans le mouvement ; en vain qu’il est ap-pelé par les esprits de la Convention, qui, nonnesrévolutionnaires, sortent de leur tombeau; en vainque Robespierre, sous la figure de mademoiselle Ta-glioni, lui donne l’accolade: il résiste à toutes lesattaques, à toutes les séductions. Il est protégé parl’amour d’un princesse des Deux-Siciles, qui est fortpieuse, et'lui aussi devient pieux; et nous l’aperce-vons à la fin dans le giron de l’Église, au milieu dubourdonnement des prêtres et des nuages d’encens.