94 ŒUVRES DE HENRI REINE.
était imprimé, dans la liste des acteurs, le nom de samère, qui venait de mourir. Canning lui-même mourutbientôt après; et maintenant voilà cinq ans qu’ilrepose à Westminster, à côté de Fox et de Slieridan;et sur la bouche qui a dit de si grandes et de si puis-santes choses une araignée étend peut-être son stu-pide et muet tissu. Georges IV dort là aussi au milieude ses pères et de ses ancêtres, représentés en pierreétendus sur leurs tombeaux, têtes de pierre sur cous-sins de pierre, le globe et le sceptre dans les mains.Autour d’eux, dans de hauts monuments, gît l’aristo-cratie d’Angleterre, gens de marque, ducs et évêques,lords et barons, qui se pressent autour des rois dansla mort comme pendant la vie ; et quiconque veut lescontempler à Westminster paie un shelling et sixpence. Cet argent est reçu par un pauvre et chétifgardien, dont l’industrie consiste à montrer les hautespuissances défuntes, en psalmodiant une notice surleurs noms et gestes, comme s’il faisait voir uncabinet de figures en cire. J’aime ces sortes de spec-tacles qui me rassurent à l’égard de l’immortalité desgrands de la terre ; aussi n’ai-je pas regretté monshelling avec ses six pence: et quand je quittai West-minster, je dis au gardien : « Je suis content de ton