7-i ŒUVRES DE HENRI HEINE.
ne pourrait y en trouver réellement. Il faudrait, pourdécrire exactement l’Angleterre, le faire en style demanuel de haute mécanique, à peu près comme s’ils’agissait d’une immense manufacture compliquée,d’une machine roulant, bourdonnant, grondant, frot-tant, sifflant, foulant et bruissant à en faire mal, où lesrouages d’utilité brillants et polis tournent autour desdates revêtues de rouille historique. Les saints-simo-niens disent avec raison que l’Angleterre est la mainet la France le cœur du monde. Hélas 1 ce grand cœurdu monde perdrait tout son noble sang si, comptantsur la générosité anglaise, il demandait un jour se-cours à cette main sèche et glacée. Je ne me repré-sente pas l’égoïste Angleterre comme une énormepanse à bière, ainsi qu’on nous l’a fait sur les carica-tures, mais bien sous la figure d’un long, maigre etosseux vieux garçon, qui rattache à sa culotte unbouton décousu et se sert d’un fil roulé en pelotonautour du globe du monde... Il coupe tranquillementle fil à l’endroit où il n’en a plus besoin et laisse,avec le même calme, tomber dans l’abîme le mondeentier.
Les Français s’imaginent que le peuple anglais veutla liberté à leur manière et qu’il lutte, tout comme