CO
ŒUVRES BE HENRI HEINE.
dailles vient d’être la proie de voleurs, qui n’en ontsûrement pas dérobé les richesses par amour pour lanumismatique, mais pour les faire voyager directe-ment dans le creuset. Quelle perte pour la science,puisque parmi ces antiquités enlevées se trouvaient,non-seulement les morceaux les plus rares, mais peut-être même les seuls exemplaires qui existassent encore!La destruction de ces antiques monnaies est irrépa-rable ; car les anciens ne peuvent, quoi qu’on veuille,se remettre à nous en fabriquer de nouvelles. Et cen’est pas seulement une perte pour les sciences ; maisl’anéantissement de ces petits monuments d’or etd’argent enlève à la vie elle-même l’expression de saréalité. L’histoire ancienne résonnerait à nos oreillescomme un conte d’enfants, n’étaient les pièces demonnaies de ces temps, la chose la plus réelle de cesépoques, qui sont restées pour témoigner que cespeuples et ces rois antiques, dont nous lisons tant dechoses merveilleuses, ont réellement existé, qu’ils nesont pas de vaines figures de fantaisie, des inventionsrêveuses de poètes, comme nous l’assurent maintsécrivains qui voudraient nous persuader que toutel’histoire de l’antiquité, tous les documents écrits quinous en restent ont été forgés dans le moyen âge par