être aussi un admirateur de Lafayette, et il jugeaitalors que j’étais digne qu’il se présentât à moi commeson compatriote.
Le peuple des campagnes porte aussi à Lafayettele respect le plus affectueux, d’autant plus que levieux général lui-môme fait de l’agriculture sonoccupation principale. C’est ce qui maintient en luicette simplicité et cette fraîcheur qu’anéantirait peut-être le séjour constant de la ville. C’est également encela qu’il ressemble à ces grands républicains de l’an-tiquité, qui plantaient eux-mêmes leurs choux et,quand les circonstances l’ordonnaient, s’élançaient dela charrue aux combats ou à la tribune; puis, aprèsavoir remporté la victoire, retournaient à leurs tra-vaux champêtres. Dans sa terre, où Lafayette passela belle saison, il est toujours entouré de jeunes gensau noble cœur et de belles jeunes filles; là règnel’hospitalité du cœur aussi bien que de la table ; onrit et l’on danse; là est la cour du peuple souverain,où peut être présenté quiconque est fds de ses œuvreset n’a fait aucune mésalliance avec le mensonge,et Lafayette est le maître des cérémonies de cette
cour.