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ŒUVRES RE HENRI HEINE.
paix que pour la victoire, et celui-là plus pour le lau-rier que pour la couronne de chêne. Il serait certaine-ment ridicule de prétendre soumettre la grandeur desdeux héros à la même mesure et de placer l’un sur lepiédestal fait pour l’autre. Il serait ridicule de vouloirélever la statue de Lafayette sur la colonne Vendôme,coulée avec le bronze des canons conquis dans tantde combats. Sur la colonne d’airain mettez Napoléon,l’homme d’airain, porté ici comme dans la vie par lestrophées de sa gloire militaire; que dans un effrayantisolement il perce les nuages, afin que le soldat ambi-tieux, quand il le contemplera à cette hauteur verti-gineuse et inaccessible, sente son cœur humilié etguéri de la vaine soif de la gloire, et qu’ainsi cettecolossale aiguille de métal devienne pour l’Europel’instrument le plus bénin de la pacification de l’es-prit guerrier, le paratonnerre préservateur de l’hé-roïsme conquérant.
Lafayette s’est élevé une colonne préférable à cellede la place Vendôme et un piédestal plus solide ques’il était de marbre ou de métal. Où trouver un marbreaussi pur que le cœur, un métal aussi ferme que laconstance du vieux Lafayette? Il est vrai qu’il n’ajamais eu qu’une seule idée; mais il ressemblait en