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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
vu jusqu’à ce jour. Je ne crois pourtant pas que noussoyons si près d’explosions semblables qu’on se plaitactuellement à le dire. Ce n’est pas que je tienne legouvernement pour très-puissant, ou ses ennemispour très-faibles. Tout au contraire, la faiblesse dugouvernement se manifeste en toute circonstance,comme on l’a vu surtout dans les troubles de Lyon.Quant à ses ennemis, ils sont suffisamment exaspérés,et peuvent trouver, en outre, chez les milliers d’in-dividus qui meurent de misère, l’appui le plus auda-cieux : — Mais pour le moment nous n’avons qu’untemps d’hiver, froid et nébuleux.
«Ils ne viendront pas ce soir, car il pleut», di-sait Péthion après avoir ouvert tranquillement lafenêtre qu’il referma avec autant de calme, pendantque ses amis les Girondins appréhendaient une atta-que de la part du peuple, qu’excitait le parti de laMontagne. On raconte cette anecdote dans les his-toires de la révolution française pour montrer lephlegme de Pétion. Mais depuis que j’ai étudié de mespropres yeux la nature des soulèvements populairesà Paris, je vois combien peu l’on a compris ces pa-roles. Il faut réellement pour qu’une émeute soit bienfaite un lemps favorable, un soleil vivifiant, un jour