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De la France
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PRÉFACE,

pour la sainteté dune tête impériale dAllemagne. Que lessavants valets des bords de la Sprée rêvent un grand empe-reur des Borussiens et proclament lhégémonie et la magni-fique et protectrice suzeraineté do la Prusse, à la bonneheure! Mais jusquà présent, la couronne de CarolusMagnus est suspendue trop haut, et les doigts crochus desIlohenzollern pourraient bien ne pas réussir encore à lafaire descendre jusquà eux et à lajouter dans leur escar-celle à leur précédent butin de tant de joyaux saxons et po-lonais. Oui, la couronne de Charlemagne est encore trophaut, et je doute quelle descende jamais sur la tète badinede ce prince engoué de moyen âge, auquel ses baronsrendent déjà, et par avance, hommage, comme au futurrestaurateur do la chevalerie. Je crois plutôt que S. A. II. leprince royal de Prusse ne sera, au lieu dun continuateurde Charles le Grand, quun continuateur de Charles X et deCharles de Brunswick.

Il est vrai que, naguère encore, beaucoup damis de lapatrie ont souhaité lagrandissement de la Prusse, et espérévoir dan's ses rois les chefs dune Allemagne une et indivi-sible; quon a su amorcer le patriotisme, et quil y a eu unlibéralisme de Prusse, et que les amis do la liberté tour-naient déjà des regards confiants vers les tilleuls de Berlin.Pour moi, je nai jamais voulu consentir à partager cetteconfiance. Jobservais bien plutôt avec inquiétude cet aigleprussien, et pendant que dautres vantaient sa hardiesse àregarder le soleil, moi je nétais que plus attentif à sesserres. Je ne pouvais me fier à cette Prusse, à ce bigot etlong héros en guêtres, glouton, vantard, avec son bâton decaporal quil trempe dans leau bénite avant de frapper.Elle me déplaisait, cetto nature à la fois philosophe, chré-tienne et soldatesque, cette mixture de bière blanche, domensonge et de sable de Brandebourg. Elle me répugnait,mais au plus haut degré, cette Prusse hypocrite, avec