fubites qu’y occafionnent les élans de l’enthou-fiafme 6c de l’éloquence ; mais on ne fait peut-être pas affez à quel point peuvent y devenirfuneftes les mouvemens de la colere, de lahaine, de la vengeance êcde toutes les pallionsqui s’y montrent bien-tôt fans pudeur , lorf-qu’elles peuvent s’y énoncer fans frein. Toutje monde ne connoit pas affez le danger decompofer ces affemblées de maniéré qu’ellesdeviennent comme la place de Rome oud’Athènes, où le peuple ne fentant rien au-deffus de lui, s’abandormoit avec extravaganceà tous les mouvemens défordonnés qu’onvouloit lui infpirer ; car le peuple dans cetétat, n’a prefque jamais de fentimens à lui,mais ceux d’un petit nombre d’orateurs ou dedémagogues qui ont le talent de l’amenerfuivant leur gré dans un état d’exaltation ôcd’ivreffe, dans lequel ils lui diûent leurspropres volontés qu’ils lui font prendre pourles fiennes. Tel eft cependant un corps légiflatifformé en chambre unique, il eil précifementl’image du peuple.
Toutes les fois donc que vous aurez desaffemblées nombreufes , quelles que foientd’ailleurs les lumières 6c le zele de ceux quiles compofent, par l’effet de cet enthoufiafme