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la dénaturer. Et puis, il n’y a prefque jamaisunité d’opinion dans le gouvernement arifto-cratiqüe ; la tourbe immenfe qui eft auprès desgrands, & qui participe à leur exiftence ouà leur faveur, en compofe toujours une à famaniéré , &c c’eft celle-là qui eft toujoursconfultée.
Le gouvernement defpotique, tout odieuxqu’il eft , fé rapproche donc plus de la naturedes befoins des hommes qu’aucun de ceux dontnous venons de parler. Audi eft-ce le feul pourlequel on puiffe compter une grande durée dansl’hiftoire. Cependant cette efpece de gouverne-ment eft encore très-mauvaife, puifqu’elle tendà anéantir le peuple & les grands ; puifqu’elle %énerve tout principe de vigueur &t d’émulation ;puifque le defpote, accoutumé au plaifir St à lanonchalance, cherche à détruire pour s’éviterla peine de modérer, cherche à étouffer pours’éviter la peine de contenir ; puifque au lieu decette quiétude douce qui convient à des hom-mes raifonnables St policés, il cherche à y fubs-titmerun fommeil de mort; puifqüe enfin"fôninftinét eft de nuire fans cefte au développementde toutes les facultés de l’homme, de dégradertoutes les âmes St tous les courages, & de trans-former, s’il le faut, fon peuple en un troupeau