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la vertu, raffurée à fon tour par un momentde fommeil du crime, eft bientôt profcrite àfon réveil. Au milieu des bourafques de l’opi-nion , tout fe confond, le jufte & l’injufte, lecrime &c la vertu, pas un afyle, pas un lieude fûreté, pas une force prote&rice confiante,pas une autorité tutélaire. Toutes les volontés,toutes les pallions font à la débandade. Etvoilà ce qu’un peuple infenfé appelle de laliberté. On vit quelque temps dans ce cahos ,dans cette confulion affreufe , foutenue parles efforts des démagogues auprès d’un peupleexalté dont ils cherchent à capter la faveur ;mais à la fin, cet état violent d’éréth : sme com-mence à diminuer ; l’atonie lui fuccéde, lesefprits font épuifés , invif a prunum dejidia pof-trano amatur. On jette les yeux de toutes partspour favoir où l’on trouvera un lieu de repos ;chacun implore un maître & un défenfeur,Sc enfin tous les maux de l’anarchie font rem-placés par tous les maux du defpotifme , &les maux du defpotifme eux-mêmes paroiffentun bienfait auprès des maux de l’anarchie.
Oh! comme Tacite nous a bien peint cetteallure naturelle de la liberté expirante ! onfait comment après toutes les guerres civilesde Rome , le peuple Romain finit par tomber