5 1
quiétude, & son inquiétude même vous faitvoir son impéritie^ Et qu’est-ce qu’un peupleauquel on ne peut faire supporter sa situationau’en le montant et le remontant sans cesse à
A
l’octave de ses forces naturelles ? L’ivresse etl’agitation conflituent-elles le bonheur ? non ,un peuple ne sauroit être heureux dans- cetétat ; et pour qui sait réfléchir, les institutionsde Lacédémone et celles de la Thébaïde ,étoient également mauvaises , puisqu’ellesavoient fait de l’homme un être différent delui-même ?
Or , tout homme par fa nature veut êtrele plus fort, le plus riche , le plus sage, leplus heureux , veut être plus que tous lesautres. D’après cette tendance universelle,abandonnons les hommes à eux-mêmes, etvoyons-les fe placer entre eux. Tous faisanteffort avec des facultés différentes , il est àcroire qu’ils ne demeureront pas au mêmeniveau ; ou’une grande masse s’élèvera d’abordau-dessus de la masse commune ; que danscette masse, déjà prédominante , les individusqui s’y trouveront placés tendant sans cesse às’élever les uns au-dessus des autres, il seconstituera de nouvelles nuances , de nou-velles distin étions, de nouveaux rangs, jusqu’au