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1 (1898)
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104
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— 104. —

C'est ce que nous avons fait, clans une certaine mesure, car, à ce point de vueencore, il a fallu nous restreindre et ne nous en rapporter qu'à des témoignagesnon suspects.

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L'armoriai du héraut GELRE,

La source la plus précieuse et la plus riche, sinon la plus ancienne, nous a étél'armoriai manuscrit du héraut d'armes Gelre , du xiv e siècle, un des joyaux de laBibliothèque royale de Bruxelles, et dont M. V. Bouton , à Paris, a commencé lapublication. Les parties relatives aux Pays-Bas et aux pays germaniques, c'est-à-direprécisément celles qui intéressent nos investigations, sont restées inédites, à partquelques blasons, au nombre de sept, reproduites dans La Bataille de Staveren(26 septembre 1545), par M. Jean van Malderghem (Bruxelles, 1870).

Cet auteur est le premier, à notre connaissance, qui ait attiré l'attention sur ceprécieux manuscrit; il en donne une description détaillée, accompagnée de fortjudicieuses observations. Le plus ancien des poèmes contenus dans ce codiceremonte à l'année 1354. Celui-ci fut-il commencé vers celte époque? Il est certainqu'un très grand nombre des armoiries peintes par Gelre se rapportent à despersonnages vivant à la lin du même siècle. Ainsi qu'on l'a constaté, le roid'armes Beijeren changea et compléta dans ce manuscrit quelques dessins restésinachevés et en ajouta d'autres.

En ce qui concerne les Pays-Bas et quelques pays allemands, nous avons pucontrôler, par les sceaux, la plupart des blasons exécutés par Gelre lui-même.En décrivant ces sceaux, nous ajouterons, sous forme de notes, les émaux desarmoiries, avec indication des cimiers, d'après le manuscrit, là même où lessceaux n'en sont pas décorés. On constatera avec nous, dans la plupart des cas,la concordance la plus rigoureuse entre les sceaux et les peintures. Notre hérautd'armes est donc incontestablement une autorité de tout premier rang pour lexiv e siècle. Jamais il n'ajoute, de son propre chef, le moindre détail aux blasonsqu'il dessine; par contre — nulle œuvre humaine n'étant d'une perfection absolue— il lui arrive quelquefois d'en oublier l'un ou l'autre (1).

(1) Sur l'écu de Baudouin de Fontaine, qu'il donne deux fois, il oublie, dans un des dessine,le lion de gueules, couronné d'or, qui broche sur le fascé d'argent et d'azur (Luxembourg?). Neserait-ce pas aussi par inadvertance qu'il donne au sire d'Agimont les armes pleines des Looz,et qu'il donne plaine la bande du comte de Northampton, qui, sur le sceau de 1339, se trouvechargée de trois étoiles? Il est évident que, sur l'écu de her Gerit van Wedenau qu'il repré-sente : burelé d'or et de gueules, il oublie les trois lions brochants, — que nous montre le sceaude Gérard van Wectenauwe (Weidenau), chevalier, appendu à des actes de 1391 et 1394 —• et,sur la bordure du 3 e quartier de Louis de Harcourt, les basants, que nous voyons sur ses sceauxde 1375.