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1 (1898)
Entstehung
Seite
78
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L. Minard- V an H oorebeke (1), el que ce dernier blasonne : « d'argent papelonnéde sable, imitant le vair ». Comparer à cet écu celui des Oudebondwerkere deBruxelles, que nous trouvons également dans De Vigne (pl. 25).

Ci-avant, nous donnons, d'après Hohenloiie , une partie de la doublure d'unmanteau qu'on aperçoit sur une fresque ancienne représentant saint Christophe,dans la tour de l'église Saint-Jacques, à Botzen. Le fond, brun, de cette doublureest garni de petites «clochettes» blanches disposées en rangées et espacéesrégulièrement de la même forme (pie celles contenues dans les armoiriesque nous venons de décrire.

Sur une des pierres tombales du musée- lapidaire de l'abbaye de Saint-Bavon,à Gand (xin° s.), le personnage, en grandeur naturelle, est coiffé d'un bonnet defourrure, caractérisée comme telle par une rangée de petites « clochettes » ou«fleurons». On la trouve indiquée de la même façon à la bordure du chapeaupyramidal d'un chevalier, qui se tient à la droite du roi Wenceslas 11 de Bohême,dans une miniature du codex Manesse (1288-1528), et au bonnet de Waller vonder Vogelweide, dans un manuscrit du xiv° siècle (2).

Le manuscrit n os 9961-9982 de la Bibliothèque royale de Bruxelles, l'un desplus beaux de l'ancien fonds de Bourgogne, montre de très nombreux spécimensde vair au naturel. Tantôt, les miniatures, qui sont extrêmement précieuses pourl'histoire du costume, présentent cette fourrure sous l'aspect de bonnets rebrassés,de ceintures, de pèlerines ou de couvertures de lit, tantôt, sous la forme de dou-blures. Ce manuscrit, qui est attribué au xm c siècle, ne remonte, en réalité, qu'àla lin du siècle suivant.

A tous ces exemples, il convient d'ajouter les armes de l'échevin malinoisJean de SHIîc (1521, 8, 56). Déjà, elles avaient frappé De Vigne , qui se demandasi elles n'appartenaient pas à un pelletier, et crut y voir «une peau de vair» (5).

Elles représentent, certainement, une pièce de fourrure. Mais qu'est-ce que cemeuble de forme étrange?

Dans les armoiries de l'écuyer bruxellois Rodolphe Taij[e] (1558), l'un descombattants de la guerre de Cent Ans, les 1 er et 4 e quartiers, ornés de trois petits«fleurons», représentent probablement une taie de fourrure comme allusion aunom de ce personnage.

Le blason de sire Guillaume de Duffel, qui nous a été transmis par le hérautd'armes Gelre (xiv e s.), réunit ce genre de fourrure à l'hermine et, dans les armesdu comte de Dampicrre (un Châlillon), nous voyons la cuve du cimier en petit-griset, sur l'écu, trois pals de vair, c'est-à-dire de la même fourrure, mais représentéede la façon conventionnelle.

Il est donc bien prouvé que ce que l'on a si souvent blasonné fleurons, muguets,clochettes, ou papelonné est tout bonnement une sorte de fourrure, très recherchéeau moyen âge et même encore de nos jours.

Elle a été représentée dans les émaux les plus divers.

(1) Description de mëreaux, etc., des gildes et corps de métiers, etc.

(2) Prince de Hohknlohk, op. cit., p. 17 et pl. II, fig. 30.

(3) D e Vigne, Mœurs et usages des corps de métiers, p. 138, pl. II, fig. 30.