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quantité de chaleur; et celle défiaition est, croyons-nous, une des princi-pales innovations de la doctrine que nous exposons. Pourcpioi il était essentielqu'elle fût donnée, nous le disions (23o) dans les termes suivants:
« Quel sens attribue-t-on à ces mots : Quantité de chaleur ?
» Pour les cartésiens, la quantité de chaleur qu'un corps dégage en semodifiant, c'est la diminution de la quantité du mouvement qui anime lespetites parties de ce corps.
^» Pour ceux qui, tout en gardant ce qu'il y a d'essentiel dans l'idée deDescartes, la corrigent en tenant compte des découvertes de Leibniz, laquantité de chaleur dégagée par un corps, c'est la perte de force vive molé-culaire qui accompagne la modification subie par ce corps.
» Pour les tenants de la matérialité du calorique, la quantité de chaleurdégagée par un corps, c'est la diminution de la masse du calorique qu'ilrenferme, soit a l'état libre, soit a l'état latent.
» Pour les physiciens qui cherchent à concilier la découverte de Blackavec l'idée que la chaleur est un mouvement, en appelant à leur aide les-actions moléculaires, la quantité de chaleur dégagée par un corps, c'est, enpartie, la diminution de force vive des diverses parties du corps, en partie,le-lravail effectué par les actions moléculaires.
» Pour les partisans de la théorie mécanique de la chaleur, la quantitéde chaleur dégagée se compose, en partie, de la diminution de force vive dumouvement moléculaire, en partie du travail effectué par toutes les forces,tant exlerncs qu'internes, qui s'exercent sur le corps.
» Bien diverses sont les pensées de tous ces physiciens ; toutes, cepen-dant, se ressemblent en un point; pour tous ces physiciens, la quantité dechaleur est une abstraction qui résulte du système théorique qu'ils adoptent;c'est sur cette abstraction qu'ils raisonnent; c'est en vertu de sa définitionqu'ils l'introduisent dans leurs déductions et dans leurs calculs. Sans doute,dans chaque application, ils substituent à cette abstraction un nombreconcret, fourni par les indications d'un calorimètre; mais c'est en analysantla notion abstraite de quantité de chaleur qu'ils justifient l'emploi du calori-mètre, qu'ils fixent les règles suivant lesquelles les indications de cet instru-ment devront être combinées, corrigées, interprétées, pour fournir uneévaluation approchée de la quantité de chaleur.
» Aujourd'hui, c'est par un procédé inverse que les physiciens intro-duisent, dans leurs théories, la quantité de chaleur; la quantité de chaleurn'est plus, pour eux, une notion abstraite définie par la théorie, approxima-